À Marseille, la jeune scène du rap se mobilise pour faire face à l'extrême droite. Au cours d'un rassemblement au restaurant autogéré "Après M", des artistes comme Jo Popo, 3e Œil, Roméo et DZ Kaïna se sont unis pour contrer une victoire potentielle du Rassemblement national (RN) et son candidat Franck Allisio, à trois jours du second tour des élections municipales.
Ces jeunes créateurs, bien que moins médiatisés, cherchent à s'exprimer davantage dans le cadre du débat public. DZ Kaïna a exprimé à quel point elle a été choquée par les résultats du premier tour : "Ça a été un vrai choc, j’ai failli faire un AVC. Je ne veux pas vivre dans un environnement où la violence et le racisme dominent." Elle souligne que certaines personnes votent pour l'extrême droite sans comprendre les conséquences de leurs choix, affirmant : "On n’a pas les mêmes réalités en fait".
Cette mobilisation est d'autant plus frappante qu'elle met en lumière l'absence remarquée de figures emblématiques du rap marseillais, qui ont choisi de rester silencieuses durant cette période cruciale. DZ Kaïna évoque la possibilité qu’ils laissent la place à la nouvelle génération : "Peut-être qu'ils nous laissent la place, c’est à notre tour maintenant".
Roméo, 26 ans, fait part de son parcours en tant qu'ancien abstentionniste : "Ça sert à rien de se vanter d'être une ville d'immigration si derrière il n'y a rien qui suit. Nous devons nous mobiliser pour mettre Payan à la mairie et le tenir responsable pendant six ans." Il ajoute que l'angoisse de devoir à chaque élection faire barrage au RN est épuisante : "Je préférerais voter pour le candidat de mon choix", a-t-il conclu.
Face à cette dynamique, la question reste en suspens : la jeunesse marseillaise prendra-t-elle les rênes et parviendra-t-elle à influencer le cours des élections de manière significative ? Ce combat mérite d'être suivi de près, alors que la ville se prépare à des décisions cruciales.







