Ce samedi soir, le collectif No Pasaran, engagé contre l'extrême droite, a célébré l'ouverture de son bar antifasciste, "Chez Louise", après avoir financé le projet grâce à une campagne de financement participatif. Ce lieu se veut un espace de rencontre et de convivialité, où se tiendront également des expositions et des conférences.
Pour son inauguration, "Chez Louise" a attiré plusieurs dizaines de personnes. À l'extérieur, Thomas profite de l’ambiance. Pour lui, un tel lieu est indispensable : "Prendre des contacts, rencontrer des gens, participer à des conférences pour se former, c’est crucial à Avignon. J'ai peur que la ville devienne comme Lyon, où l'extrême droite est omniprésente."
À proximité, Damien échange avec une amie. Il pense qu’un bar antifasciste est un excellent moyen de trouver des individus partageant ses convictions : "Assumer ses idées est devenu compliqué aujourd'hui. Par exemple, lors d'une manifestation féministe, beaucoup de gens ne comprenaient pas. Le féminisme représente des valeurs humanistes fondamentales."
On n'est pas là pour propager du discours de haine
À l'intérieur, Claudine tente de se frayer un chemin parmi la foule qui déborde. "Ce n’est pas surprenant, des échos du milieu militant annonçaient que ce lieu était attendu," dit-elle, heureuse de la participation, malgré le contexte tendu suite au décès du militant nationaliste, Quentin Deranque. "Un drame regrettable qui a généré une atmosphère de peur," ajoute-t-elle.
"Cela nous a concerné. On s'est interrogés sur la sécurité des militants. Mais c'est le moment de poursuivre la lutte, nous ne pouvons pas laisser l'antifascisme être assimilé à du fascisme," explique Claudine, soulignant les valeurs de leur collectif. "Nous ne sommes pas ici pour répandre de la haine ou provoquer des affrontements. Nous témoignerons toujours notre refus de toute discrimination ou discours haineux. Cet espace est celui de la tolérance et de l'ouverture. Les personnes en désaccord avec cela peuvent simplement passer leur chemin."







