Plus de 200 tentes éparpillées autour du lac de Muzelle, un soir d'été en 2025, illustrent une tendance qui ne cesse de croître. Dans le Parc national des Écrins, situé à cheval sur les Hautes-Alpes et l'Isère, la pratique du bivouac attire de plus en plus d'attention.
Une affluence inédite
D'après Pierrick Navizet, responsable communication du parc, une première étude lancée en 2021 avait révélé un tassement de la fréquentation. Cependant, en 2024, de nouveaux chiffres ont montré une augmentation vertigineuse, avec une fréquentation doublée en quatre ans. Des randonneurs viennent même de régions éloignées comme l'Ile-de-France pour profiter de ces nuits en pleine nature. "Nous sommes témoins d'une dynamique qui, loin d'être une mode, semble vouloir s'inscrire dans la durée", souligne Navizet.
Un phénomène aux nuances variées
Bernard, un utilisateur du forum spécialisé camptocamp, partage son sentiment d'une explosion de la pratique du bivouac, peu importe l'endroit. Ce retour à la nature est plébiscité par de nombreux jeunes comme Marion, trentenaire marseillaise, qui évoque la paix qu'offre le bivouac: "C'est vraiment apaisant. De plus, c'est gratuit!"
Des règles parfois négligées
Malgré l'engouement, les règles de bivouac, qui stipulent un campement après 19 heures et avant 9 heures, restent souvent ignorées. Navizet révèle qu'environ 40 % des bivouaqueurs ne respectent pas ces horaires. "Nous observons un paradoxe: tandis que le nombre de bivouaqueurs augmente, la fréquentation de nos sentiers ne suit pas", confie-t-il.
Encadrement nécessaire
Pour faire face à ces défis, le Parc national des Écrins envisage de renforcer les réglementations en introduisant des quotas. Un système similaire est déjà en vigueur dans le Parc de la Vanoise. "L'interdiction des réchauds à bois et le respect des distances avec les cours d'eau sont des mesures essentielles", insiste Navizet.
Réactions du public
Une enquête publique a révélé un intérêt fort autour des nouvelles réglementations, avec plus de 700 contributions. Les retours se divisent entre ceux qui craignent des restrictions excessives et ceux qui jugent que les régulations actuelles ne vont pas assez loin.
Alors que le Parc des Calanques a déjà opté pour des réservations numériques pour l'accès à certaines zones, le Parc des Écrins considère la nécessité d'inculquer des pratiques respectueuses à travers des actions pédagogiques, en collaboration avec la police de l'environnement. Pour garantir l'avenir du bivouac, il est crucial d'apprendre à respecter la nature afin que chacun puisse continuer de profiter de ces paysages enchanteurs.







