Présenté en compétition ce jeudi lors de sa sortie en salles, Histoires parallèles d'Asghar Farhadi dépeint le portrait d'une écrivaine, Sylvie, qui, avec un regard curieux, espionne la vie de ses voisins, créant ainsi des récits qui auront des conséquences inattendues. Cette œuvre, enrichie d'un casting francophone prestigieux, est le fruit d'une collaboration franco-iranienne qui a réjoui les spectateurs présents au Festival de Cannes.
En effet, après ses films tels que Le Passé, Everybody Knows, ou Un héros, le réalisateur parvient à mélanger habilement l'intime et le collectif.
Sylvie, interprétée avec brio par Isabelle Huppert, doit organiser son déménagement tout en se laissant happer par l’observation de son environnement. Son télescope devient le témoin des vies qu’elle fantasme, notamment celle de sa voisine, « Nita », qui lui rappelle sa propre mère, et qui, comme elle, navigue entre passé et présent dans l’appartement qu'elle a connu enfant.
Un réjouissant face-à-face entre Huppert et Deneuve
Le film se distingue notamment par ses interactions savoureuses, où Huppert nous livre une performance à la fois drôle et touchante. L’écrivaine, en pleine errance, passe ses soirées à préparer des plats improbables tout en s’imprégnant des bruits environnants, ces fameuses créations sonores réalisées par ses voisins. La dynamique entre Huppert et Catherine Deneuve est captivante, révélant une profondeur émotionnelle surprenante dans cette réflexion sur l'imagination.
La mise en scène de Farhadi capte avec grâce l'équilibre entre fantasmes et réalités, laissant le spectateur sur une note méditative. En confrontant la beauté de l'imaginaire à la dureté de la réalité, il esquisse un portrait subtil : parfois, il est préférable que nos histoires restent parallèles. Ce virage narratif, bien qu’inattendu, enrichit cette œuvre cinématographique, soutenue par un ensemble d'acteurs hors pair, où le drame et la comédie s'entrelacent avec finesse.







