À Montbrun-les-Bains, au pied du majestueux Mont Ventoux, les eaux sulfurées attirent depuis des siècles les curistes et les visiteurs en quête de soins. Cette petite ville, nichée dans les Baronnies provençales, recèle un trésor historique, le mur de la peste, édifié pour protéger la région suite à l'épidémie du XVIIe siècle.
Le mur de la peste : une lutte contre l'épidémie en Vaucluse
Il y a 300 ans, un mur de quarantaine fut érigé pour préserver le Vaucluse d'une épidémie dévastatrice. S'étendant sur 27 kilomètres, cette barrière en pierre sèche reliait Lagnes à Cabrière-d'Avignon, passant par Murs, Le Beaucet et le col de la Ligne. Ce projet ambitieux, mené par près de 1500 hommes, visait à protéger des villes mythiques comme Avignon, Carpentras et Fontaines. Cependant, malgré ces efforts, la peste parvint à infiltrer la région en à peine 30 jours, dévoilant ainsi les limites de ce rempart.
Un projet audacieux mais impuissant face à l'épidémie
Initiée sur ordre du pape, l'idée de construire un mur contre la peste était avant-gardiste pour l'époque. Pourtant, en 1720, l'épidémie ressurgit à Marseille et, malgré la présence de cette fortification, la maladie franchit rapidement les frontières établies, touchant durement Carpentras, Avignon et Monteux. Les pertes furent tragiques, avec près de 8000 décès à Carpentras seulement. Cette réalité amère démontre que même les initiatives les plus nobles peuvent s'avérer vaines face aux forces de la nature.
Une légende à Carpentras : la cloche miraculeuse
Le 10 juillet 1721, alors que la peste persistait à faire des ravages, un événement inattendu se produisit à Carpentras. Les cloches de la chapelle de Notre-Dame-de-Santé sonnèrent seules à 3 heures du matin, suscitant des interprétations miraculeuses parmi les habitants. Cette tradition perdure ; chaque année, une messe est célébrée ce jour-là à 3 heures du matin pour remercier la Vierge d'avoir veillé sur la ville.
Le mur de la peste aujourd'hui : un vestige à découvrir
Malgré son rôle historique inachevé, le mur de la peste demeure un fascinant témoin du passé. L'association Pierre Sèche en Provence s'investit dans sa restauration, permettant aux randonneurs de découvrir ces vestiges en suivant des sentiers balisés. À Murs, les vestiges de ce rempart, bien que partiellement effondrés, évoquent une atmosphère mystique et rappellent l'histoire tragique qui marqua la région. Ces pierres anciennes offrent un regard poignant sur les luttes passées contre les épidémies et soulignent l'importance de la mémoire collective.







