Chaque semaine, la surface bâtie dans le monde équivaut à celle contenue dans la ville de Paris. Ce constat, alarmant, est agrémenté d'un rapport publié le 19 mai par le Programme des Nations unies pour l'environnement (UNEP), qui souligne que le rythme de la construction ne fait qu'intensifier. En effet, depuis 2015, la surface de plancher globalisée a enregistré une hausse de 20 %.
"La rapidité de la construction n'est pas en phase avec les exigences climatiques", alerte Hanane Hafraoui, chargée de mission bâtiment à l'UNEP.
Cette révolution architecturale est principalement alimentée par la demande en logements, particulièrement dans des économies émergentes telles que l'Inde ou les nations d'Asie du Sud-Est. Cette situation engendre des conséquences redoutables : le secteur de la construction est à l'origine de 37 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre et représente près de 50 % de l'extraction globale de matériaux, ainsi que 28 % de la consommation énergétique mondiale, selon l'UNEP.
"Au cours de la dernière décennie, la surface bâtie mondiale a connu une expansion rapide, tandis que la demande énergétique et les émissions ont progresse plus lentement", a précisé Martin Krause, directeur de la division changement climatique de l'UNEP.
Cette situation entraîne une aggravation de l'empreinte écologique du secteur, frappé par une demande exacerbée de matériaux émetteurs de carbone tels que le ciment, l'acier et l'aluminium, qui représentent 9 % des émissions mondiales en 2024, stagnants autour de 2,1 milliards de tonnes équivalent CO2 (GtCO2), d'après l'Agence internationale de l'énergie (AIE).
Les émissions de CO2 en hausse, tout comme la consommation d'énergie
Sur l'usage, les émissions de CO2 des bâtiments s'élèvent à 9,9 GtCO2, marquant une légère augmentation de 1 % sur un an. Depuis 2015, une augmentation de 6,5 % a été observée, tandis que l'énergie nécessaire pour le chauffage, l'éclairage et la climatisation a augmenté de 11 %, en grande partie à cause de l'étalement urbain.
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Cependant, la consommation d'énergie par mètre carré a quant à elle régressé de 8,5 %. Sans ces avancées en matière d'efficacité, la demande énergétique aurait presque doublé. Malgré cette nouvelle, le secteur est encore loin des objectifs de décarbonation stables d'ici 2050. Les bâtiments résidentiels, en particulier, constituent plus des trois quarts de la surface habitable mondiale et aboutissent à environ 70 % de la demande énergétique du bâtiment.
Les Nations unies signalent un ralentissement des progrès depuis 2020, notant que "la transition verte n'a pas suivi le rythme imposé par la construction".
Il est primordial d'accélérer les rénovations significatives des bâtiments existants, ainsi qu'une utilisation stratégique de la commande publique dirigée vers des solutions à faibles émissions de carbone et une réduction de 25 % de la consommation d'énergie par mètre carré d'ici 2030, selon Hanane Hafraoui.
Enfin, le rapport stipule que pour répondre aux exigences de neutralité carbone à l'horizon 2050, les investissements dans l'efficacité énergétique des bâtiments devront atteindre 3 600 milliards de dollars d'ici 2030, alors qu'en 2024, ils n'ont atteint que 275 milliards de dollars, soit une augmentation de 38 % par rapport à 2015.







