Le président cubain, Miguel Diaz-Canel, a averti ce lundi 18 mai que toute attaque américaine contre l'île pourrait provoquer "un bain de sang". Cette déclaration intervient alors que Washington a récemment sanctionné le renseignement cubain ainsi qu'une dizaine de hauts responsables de l'État.
Face aux provocations américaines, Diaz-Canel a rappelé le droit "légitime" de Cuba à répondre à une éventuelle agression, soulignant la montée des tensions entre La Havane et Washington.
D'après le média américain Axios, Cuba a récemment acquis plus de 300 drones militaires et envisage des scénarios d'utilisation près de la base américaine de Guantanamo, renforçant les inquiétudes à Washington concernant cette "menace croissante".
"Droit absolu et légitime de se défendre"
La Havane dénonce des préparatifs militaires américains qui, s'ils se concrétisaient, pourraient engendrer un "bain de sang aux conséquences incalculables" selon les mots de Diaz-Canel, relayés par la plateforme X. Le président a insisté sur le "droit absolu" de son pays à se défendre et a réaffirmé que Cuba ne constitue pas une menace pour d'autres nations.
« L'idée qu'une attaque de Cuba contre les États-Unis serait envisageable n'a aucun sens », a déclaré l'ambassadeur cubain à l'ONU à l'Associated Press, accusant Washington de "fabriquer un prétexte" pour justifier des actions militaires.
Liste noire
Parallèlement, le ministère américain des Finances a ajouté le service de renseignement cubain à sa liste noire, ciblant également plusieurs hauts responsables, dont le président de l'Assemblée nationale, Esteban Lazo, et des ministres clés. Ces mesures visent à aviver la pression sur le régime cubain, déjà affaibli par un embargo en vigueur depuis 1962.
Cette série de sanctions s'inscrit dans un contexte de crise économique aggravée par un blocus pétrolier strict, entraînant des coupures de courant généralisées pouvant atteindre plus de vingt heures par jour dans certaines régions.
Sous une pression croissante, le gouvernement cubain a reçu cette semaine une cargaison d'aide humanitaire du Mexique, marquant le cinquième envoi depuis février, dans un contexte où l'île lutte pour surmonter ses défis énergétiques.
Donald Trump, dans le passé, avait décrit Cuba comme une "menace exceptionnelle" pour la sécurité nationale des États-Unis, intensifiant les tensions en esquissant des projets d'intervention militaire. La visite récente du directeur de la CIA, John Ratcliffe, sur l'île témoigne de la volonté persistante de négocier, alors que les relations entre les deux pays continuent de se dégrader.







