Laurence Geny-Denis, vice-présidente de l’université de Bordeaux, souligne l'importance d'une vision actualisée de l'apprentissage : « On ne dit plus que l'on opte pour l'apprentissage parce que l'on n'est pas bon à l'école. Au contraire, cela montre une volonté d'acquérir des compétences et de naviguer entre les études et le travail. » Professeure de biochimie, Geny-Denis est un acteur clé de cette transformation, ayant été à l'origine de la première licence professionnelle des métiers de la vigne et du vin en 2005.
La formation en alternance répond à un besoin croissant des entreprises de disposer de personnel qualifié et immédiatement opérationnel. Une étude de Sud Ouest révèle que les recruteurs voient dans ces jeunes une capacité d’adaptation et un désir d'engagement. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : l’université de Bordeaux compte actuellement 1 900 apprentis parmi ses 54 000 étudiants, et toutes les formations sont accessibles en mode alternance.
Quel est le secret de ce succès ? Des dispositifs financiers avantageux ont certainement joué un rôle, mais l'essentiel réside dans une perception sociétale changeante. Selon Geny-Denis, « ce n'est plus dévalorisant d’envisager l’alternance ; au contraire, cela nécessite une rigueur qui est désormais valorisée par le marché du travail. »
Le modèle offre à chaque partie prenante des avantages notables. Pour l’apprenti, c’est une opportunité de plonger directement dans le monde professionnel tout en se formant. Pour l’entreprise, c’est un moyen d’anticiper ses besoins de main-d’œuvre. Et pour les institutions de formation, cela garantit une meilleure adéquation des cursus avec les réalités du marché, renforçant ainsi l’ascension sociale des étudiants issus de secteurs moins favorisés.
Cependant, cette vogue de l'alternance n'est pas sans défis. D'éventuels abus liés à une mauvaise gestion du financement ont conduit à des révisions nécessaires dans le dispositif. Une enquête récente montre qu'il est impératif de garantir la qualité des formations pour éviter toute dérive. Les instituts doivent maintenant se conformer à des normes de certification comme Qualiopi pour valider leur sérieux.
Alors, l'alternance est-elle une solution pérenne ? Geny-Denis répond que ce format devrait être préservé et affiné : « L’alternance n’est pas faite pour s’immiscer dans tous les cursus, mais elle constitue un levier de réussite pour beaucoup de jeunes. » En ce sens, l’avenir de l’alternance paraît prometteur, malgré les ajustements nécessaires.







