Le créateur du groupe Telegram « Balance ta balance » a été condamné mardi à 30 mois de prison par le tribunal correctionnel de Paris pour avoir excessiveusement divulgué des informations sensibles concernant des détenus. Ce groupe, qui revendiquait un suivi de plus de 20 000 membres, a vu son auteur, Kevin M., faire l'objet de réquisitions de trois ans d'incarcération, mais la peine a été ramenée à deux ans et demi.
Incarcéré depuis ses 20 ans, Kevin M., âgé de 33 ans, utilisait ce groupe pour partager des photos et des détails privés d'autres détenus, soulevant des inquiétudes parmi les victimes. L'objectif, selon le président du tribunal, était exacerbé par des commentaires incitant à la violence physique ou matérielle envers les individus exposés.
« Les textes me font honte »
Créé en juin 2023 à la prison de Tarascon, le groupe a opéré pendant plus d'un an, diffusant des données privées sur une centaine de personnes, pour la plupart en détention. « Les textes me font honte mais je savais que c’était ce que voulait ma communauté », a déclaré Kevin M. lors de son procès, comme le rapporte Le Parisien.
Une des victimes a témoigné des conséquences dévastatrices de la divulgation de ses informations, qualifiant l’expérience de « coup d’épée » dans sa vie. Kevin M. doit également verser jusqu’à 8 000 euros aux personnes affectées par ses actions.
D’autres groupes créés
D'autres groupes comme « Balance ton four » ont vu le jour, ce que Kevin M. a décrit comme des « filiales » de son initiative originale. Son casier judiciaire entretient un long historique de délits, incluant l’enlèvement et le vol aggravé, pour lequel il purge une peine de 14 ans.
Concernant la plateforme Telegram, initialement réticente à répondre aux demandes d’entraide judiciaire, elle a finalement coopéré après des pressions des autorités. Le patron de la plateforme, Pavel Durov, a d’ailleurs critiqué la réponse des services judiciaires, affirmant que « le processus de transmission des demandes était défaillant » comme l'indique l'AFP.







