La rue de la République à Marseille (1er et 2e arrondissements) est frappée par une vacance commerciale inquiétante. Selon les commerçants locaux, un tiers des magasins sont désormais fermés, le coût des loyers étant devenu insupportable. La situation a attiré l'attention d'une mission d’information, co-dirigée par le député Laurent Lardit, qui se penche sur des solutions pour encadrer ces loyers afin de redynamiser les centres-villes.
Parmi les nombreux commerces fermés, le bureau de tabac "Le Dome" est particulièrement symbolique. Mireille, une cliente, déplore : "Il y avait une cave à cigares et des jeux à gratter, maintenant je dois marcher jusqu'au vieux port pour mes achats". Comme ce bureau, de nombreuses vitrines sont malheureusement inoccupées.
Gaelle, propriétaire d'une boutique d'articles pour bébés, témoigne également de la situation : "Je paie 5.000 euros par mois pour 130 mètres carrés. C’est inacceptable dans une rue où l'animation fait défaut. En plus, les décorations de Noël sont minimalistes, ce qui n'attire pas les clients". Ces témoignages mettent en lumière un problème courant : les loyers excessifs qui pèsent sur les affaires.
Des loyers qui atteignent 20% du chiffre d'affaire : "Impossible de tenir"
Charlotte, qui vend des affiches et souvenirs, souligne une réalité inquiétante : "Les commerces ne survivent pas plus de 18 mois. Certains restaurants fermaient avec des loyers allant jusqu'à 18.000 euros. Cela représente 20% de notre chiffre d'affaires. C'est une lutte permanente, d'autant que nous devons également vendre en ligne".
Ces commerçants peinent à rendre leur rue attrayante. "Un commerce sur trois est vacant. Les vitrines sont squattées par des sans-abris, ce qui les rend insalubres", s'inquiète-t-elle. "Comment espérer attirer les gens ici ?"
Une proposition de loi pour soutenir le commerce de proximité
La situation a suscité la visite de la Mission d'information de l'Assemblée nationale sur l'avenir des commerces de proximité. Le député Lardit a souligné que le taux de vacance commerciale dans les centres-villes français a doublé, passant de 6 % en 2010 à 14 % en 2024.
Marseille n'est pas épargnée. Les rideaux baissés restent fréquents, et le turnover des commerçants est élevé. "Les grandes enseignes prennent le pas sur les petits commerçants, c'est dommage, car l'expérience d'achat est différente," regrette Jeannine, résidente du quartier des Réformés.
Encadrer les loyers et contrôler l'installation des grandes surfaces
Pour inverser cette tendance, une proposition de loi est en préparation. Elle a pour but d'encadrer les loyers des baux commerciaux et d'exempter les locataires de la taxe foncière. De plus, elle vise à favoriser les commerces de proximité par le biais d'une modification du Plan Local d’Urbanisme, permettant aux maires de mieux contrôler l'implantation des grandes surfaces de plus de 400 mètres carrés.
En somme, cette initiative pourrait offrir aux collectivités plus d’outils pour redynamiser des zones commerciales en souffrance, alors que des villes à travers la France, y compris Marseille, se battent contre une vacance commerciale croissante.







