L'inflation, la croissance et le secteur immobilier : les chiffres publiés jeudi témoignent d'une première économie mondiale en proie à des défis considérables, contrairement aux affirmations souvent relâchées par l'administration Trump.
En l'espace de quelques heures, plusieurs chiffres officiels ont dressé un portrait morose à l'approche des élections de mi-mandat, que la majorité présidentielle aborde avec inquiétude.
La croissance du produit intérieur brut (PIB) pour le premier trimestre a été fortement révisée à la baisse, désormais à 1,6% en rythme annualisé, comparativement à l'estimation précédente de 2%.
Cette situation pose des questions sur la possibilité pour la Maison Blanche d’atteindre son objectif de croissance annuelle de 4% à 6%, comme l'a récemment évoqué Kevin Hassett, conseiller économique de Donald Trump.
Les États-Unis avancent un chiffre annualisé, qui reflète l'évolution sur une période de trois mois, mais les dépenses de consommation et les investissements avaient été surévalués initialement, selon le Bureau d'analyse économique (BEA).
En parallèle, le BEA a révélé une hausse des prix avec l'indice des prix à la consommation (PCE), atteignant 3,8% sur un an en avril, un niveau non atteint depuis presque trois ans. Cette montée en flèche est largement attribuée à l'augmentation des prix du carburant suite au conflit Iran-Israël, débuté le 28 février.
- “Sous pression” -
Le rapport du BEA souligne également une baisse des revenus disponibles des ménages américains, signifiant que les salaires n'augmentent pas au même rythme que l'inflation. Le taux d'épargne a chuté abruptement à 2,6%, contre 3,2% en mars.
Heather Long, économiste à la Navy Federal Credit Union, a réagi sur X en commentant, "Ouch. Cela illustre à quel point les finances des Américains sont sous pression." Elle a qualifié la situation d'“non tenable”.
Les indicateurs du marché du travail ne sont guère plus flatteurs, avec des embauches et des augmentations de salaires au point mort, souligne Gregory Daco d'EY dans une récente note. Selon lui, l'économie repose sur des "trois piliers étroits": les consommateurs aisés, les investissements dans l'intelligence artificielle et la hausse des actifs financiers.
Il voit cependant ces éléments comme des couvertures masquant une base économique de plus en plus fragile, en raison de la lenteur de la croissance dans de larges segments de la consommation et du marché immobilier.
Concernant ce dernier point, les ventes de maisons neuves ont chuté de manière significative en avril, éloignant l'espoir de relance annoncé par la Maison Blanche.
Yelena Maleyev, économiste chez KPMG, note que les acheteurs potentiels sont confrontés à une hausse des prix immobiliers, à la montée des taux d'emprunt et à un recul de leur pouvoir d'achat.
Le taux des prêts à 30 ans, les plus en vogue aux États-Unis, a atteint un taux moyen de 6,53%, selon le rapport de Freddie Mac. Ce chiffre était tombé sous les 6% fin février, avant le début du conflit Iran-Israël.
Ce conflit entraîne non seulement une hausse des prix, mais incite aussi les prêteurs à exiger des taux plus élevés pour compenser l'inflation.
Donald Trump avait bâti sa réélection sur des promesses d'amélioration du pouvoir d'achat et d'allègement des coûts d'emprunt.







