Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a exprimé son soutien, ce mardi, à l'idée d'établir des fiches administratives pour surveiller les pédocriminels. Ces fiches, inspirées du modèle des fiches S, visent à identifier les individus supposés menaçants pour la sécurité des mineurs.
Interrogé lors d'une séance de questions au gouvernement par le député Antoine Vermorel-Marques, qui défend une proposition de loi en ce sens, Darmanin a partagé son enthousiasme pour un « fichier de prédétection des risques d'atteintes sexuelles sur mineurs ». Ce fichier regrouperait des données tirées de divers systèmes judiciaires existants pour plus d'efficacité. La proposition fait écho à la tragédie de Lyhanna, une collégienne de 11 ans dont le meurtrier présumé, Jérôme Barella, avait déjà fait l'objet de multiples signalements sans conséquence judiciaire.
« Je suis personnellement très favorable à la proposition que vous faites », a déclaré Darmanin, en indiquant que les dispositifs nécessaires seraient envisagés dans le cadre d'un projet de loi sur la protection de l'enfance, dont l'examen débute en juillet à l'Assemblée nationale.
Le ministre a précisé que le débat devrait également inclure la création d'un fichier administratif accessible aux services de police et de gendarmerie pour suivre ces individus : « Pour cela, il faudrait que le ministère de l'Intérieur crée un fichier administratif... » Une condition préliminaire serait cependant d'obtenir l'aval de la Commission nationale informatique et libertés (Cnil), qui s'oppose depuis des années à de telles initiatives.
Antoine Vermorel-Marques s'est montré positif face à l'engagement du ministre, souhaitant néanmoins veiller à la réalité de son application. « Après le drame de Lyhanna, nous ne puissions plus tolérer que des informations existent, mais restent éparpillées entre les services », a-t-il martelé, soulignant l'urgence de déceler plus précocement les prédateurs sexuels et de protéger ainsi les enfants. Son initiative a également reçu le soutien de figures politiques comme Gabriel Attal, président de Renaissance, qui préconise une action rapide.







