Le Parti socialiste (PS) a franchi une étape importante vers l'élection présidentielle lors de son vote jeudi soir, où ses militants ont décidé du mode de désignation de leur candidat. Ce choix marque un revers pour Olivier Faure, dont l'idée d'une primaire ouverte n'a pas été retenue, renforçant ainsi la tendance à écarter la possibilité d'une primaire unitaire à gauche.
Les militants étaient invités à se prononcer sur le cadre de cette primaire, une question sur laquelle Faure divergeait avec ses opposants. Deux propositions ont été mises sur la table, toutes deux impliquant une primaire au sein de l'arc social-démocrate, qui se déroulera en octobre, mais qui diffèrent fondamentalement sur qui pourra voter.
Olivier Faure proposait que le vote soit accessible aux "sympathisants" socialistes, moyennant une petite contribution, afin d'élargir le corps électoral. Le but étant que le candidat final puisse ensuite se mesurer aux autres forces de gauche, excluant La France Insoumise, avec le soutien des Écologistes et d'anciens Insoumis comme Clémentine Autain et François Ruffin.
Cependant, ses adversaires, dont Boris Vallaud, le chef des députés, ont plaidé pour une désignation strictement réservée aux "militants" du PS et à d'autres groupes politiques s'inscrivant dans ce pôle socialiste. Leur option a été retenue, remportant 55,5% des voix, comme l'a confirmé le PS dans un communiqué.
Ce résultat n'est guère surprenant, surtout à la lumière des rapports de force observés lors du dernier congrès, où la majorité au sein du PS a basculé contre Faure. Le communiqué du PS annonce que le candidat désigné visera à rassembler tous les partis de gauche autour d'un programme commun, avec un comité inter-partis en charge des modalités de vote et de candidature.
Boris Vallaud a salué ce choix, qualifiant d'"évident" le besoin de changement dans la méthode de gouvernance au sein du PS. Le député a proposé de commencer rapidement des discussions avec les autres organisations du pôle socialiste pour construire une stratégie commune.
Une question se pose néanmoins : cette décision remet-elle en cause le mandat d'Olivier Faure, déjà fragilisé par des récents événements à l'Assemblée ?"Ce n’est pas un référendum pour ou contre moi, mais un choix stratégique", a affirmé Faure avant le vote, avant d’exclure toute démission.
Le risque d'un repli des militants n'est pas anodin. Certains, inquiets, soulignent que cela pourrait reproduire l'échec de 2022, lorsque la candidate Anne Hidalgo avait recueilli seulement 1,75 % des suffrages. Pour l’instant, seul Philippe Brun s'est déclaré pour cette primaire, tandis que le maire de Saint-Ouen, Karim Bouamrane, a choisi de se lancer sans elle.
Le député Jérôme Guedj, également sur les rangs pour une candidature à la présidentielle, pourrait faire entendre sa voix. Cependant, les yeux seront rivés sur des figures comme Raphaël Glucksmann, qui jouit d'une certaine popularité malgré son hésitation sur la participation à la primaire.
Olivier Faure a évoqué la possibilité de se présenter, mais la question demeure ouverte. Pendant ce temps, François Hollande, ancien président, refuse de s'engager dans un processus primaire et pourrait apparaître comme un recours si le PS échoue à sortir de sa crise.
Dans le paysage politique actuel, la dynamique de Jean-Luc Mélenchon de La France Insoumise semble prendre de l'ampleur, lui offrant une avance substantielle sur ses concurrents pour les futures élections.







