Une opportunité qui se transforme en désavantage financier. Une propriétaire ayant proposé quatre logements à la location touristique sur la plateforme Airbnb sans l'aval de la Ville de Paris a récemment été condamnée à une amende conséquente de 220 000 euros. Cette sanction a également frappé la société de conciergerie engagée pour gérer ces biens. Le tribunal de Paris, saisi par la municipalité, a jugé que la propriétaire avait illégalement converti ces espaces d'habitation en meublés de tourisme, en contravention avec la législation en vigueur, comme l’affirme la Mairie de Paris dans un rapport
.Ces logements, localisés dans les 7e et 8e arrondissements, étaient proposés en location depuis 2022 pour trois d’entre eux et depuis 2023 pour le dernier. À titre d'information, tous les quatre étaient encore listés sur la plateforme jusqu'à début juin, lors de l’audience. Selon des estimations de la Ville de Paris, les revenus totaux générés entre 2022 et 2024 à partir de ces locations illégales pourraient atteindre 410 000 euros. Emmanuel Grégoire, le maire socialiste de la capitale, a déclaré : « Trop longtemps, certains ont préféré le profit à la dignité du logement. Chaque logement récupéré est une victoire pour nos concitoyens. »
Une première pour les conciergeries
Ce cas représente également une première pour la Mairie, marquant la condamnation d'une société de conciergerie à une amende aussi élevée, grâce à la récente loi Echaniz-Le Meur qui permet de tenir ces sociétés responsables aux côtés de leurs clients. Jacques Baudrier, adjoint au maire en charge du logement, a exprimé que cette décision en appelait d’autres : « C’est un signal fort pour les professionnels des locations touristiques qui négligent le droit au logement », a-t-il souligné. Selon des estimations, Paris compterait environ 25 000 locations touristiques illégales.
En outre, le tribunal a ordonné que les logements concernés soient réintégrés dans le parc immobilier classique sous un mois, avec une sanction de 1 000 euros par jour de retard pour chaque appartement en infraction. Cette affaire s'inscrit dans une lutte plus large menée par la Ville de Paris pour réguler le marché des locations touristiques et garantir des logements accessibles aux habitants.







