À Gênes, le moment de vérité se rapproche. Ce jeudi 16 juillet, les juges doivent déterminer si la tragédie survenue le 14 août 2018 était le résultat d'une fatalité ou d'erreurs de maintenance. Les enjeux sont immenses, car ce drame demeure l'une des catastrophes les plus meurtrières de l'histoire italienne.
Cette affaire a été largement couverte par nos confrères de France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur. Ce matin-là, sous une pluie battante, le viaduc, reliant l’Italie à la France, s’est effondré, entraînant des dizaines de véhicules dans sa chute. Le bilan tragique était de 43 morts et de nombreuses vies marquées à jamais.
Un procès hors norme pour faire émerger la vérité
Après quatre années d’auditions et 283 séances tenues sous un chapiteau dans la cour du tribunal de Gênes, la justice s'apprête à rendre son verdict. 57 personnes sont mises en cause, incluant d'anciens dirigeants d'Autostrade per l’Italia et de sa filiale d’entretien, Spea, ainsi que d'anciens responsables politiques. Le parquet a requis plus de 400 années de prison cumulées.
Le pont Morandi était une bombe à retardement. Vous pouviez entendre le tic-tac, mais vous ne saviez pas quand elle allait exploser.
Pour les familles touchées, ce procès dépasse la simple question des sanctions. "Nous espérons des condamnations, mais l'essentiel est que la vérité soit révélée", a déclaré Egle Possetti, présidente du Comité des proches des victimes.
Une maintenance insuffisante au cœur des accusations
Les magistrats pointent du doigt le pilier numéro 9, celui qui a cédé. Ils affirment qu'il n’a jamais bénéficié des travaux nécessaires, contrairement à d'autres piliers qui avaient été renforcés. Le procureur Walter Cotugno a résumée cette situation par cette phrase marquante : "le pont Morandi était une bombe à retardement."
La défense invoque un vice de construction
Les avocats des principaux prévenus réfutent cette version, avançant que l’effondrement pourrait être attribué à un défaut de conception et à une corrosion interne des câbles. Cependant, plusieurs anciens responsables, y compris l'ex-directeur général d'Autostrade, Giovanni Castellucci, risquent de lourdes peines.
Au-delà de ces questions individuelles, le jugement attendu ce jeudi doit apporter une réponse à une interrogation qui hante les familles depuis presque huit ans : cette tragédie aurait-elle pu être évitée ?
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