À l’aube de nouvelles discussions avec les syndicats agricoles, le ministre Sébastien Lecornu a récemment publié une lettre ouverte marquant une rupture avec la gestion précédente du secteur. Dans ce message, il s'attaque aux maux qui rongent l'agriculture française, promettant une simplification des règles, une protection accrue des revenus des agriculteurs et un contrôle renforcé des importations.
Le ton de la lettre est ferme et sans détour. “Je ne cherche pas à vous rassurer, mais à vous communiquer la vérité”, écrit Lecornu, s’adressant directement aux agriculteurs dans une communication relayée par plusieurs journaux régionaux. À la veille de rencontres décisives avec les syndicats, il souhaite apaiser un climat de mécontentement exacerbé par les crises sanitaires et un sentiment d’inégalité au sein de la profession.
Reconnaissant l’inquiétude omniprésente, le Premier ministre évoque une “injustice profonde” et une “duplicité” dans l'application des règles. “Nous avons décidé d'éliminer le principe du deux poids deux mesures”, déclare-t-il, s'engageant à “restaurer l'équité économique” et à revoir des normes jugées trop contraignantes. Son approche vise à être pragmatique et non dogmatique, orientée vers des résultats concrets.
Des réformes pour redresser le secteur
Parmi les changements annoncés, on trouve la mise en place d'un contrôle administratif uni, la réduction des délais de recours, l'allègement des obligations liées à la Politique Agricole Commune (PAC), ainsi que l'éradication de sanctions jugées “automatiques et disproportionnées”. Lecornu insiste sur la reconnaissance de la bonne foi des agriculteurs, signalant un changement d'attitude de l'État face aux crises, garantissant une réponse plus rapide et appropriée.
Concernant les importations, le ministre annonce une augmentation significative du fonds de soutien aux équipements hydrauliques agricoles, avec la possibilité d'une “loi exceptionnelle” si cela obtient un soutien politique suffisant. Sur la scène européenne, il assure que “le budget de la PAC sera maintenu” et qu’aucun argent ne sera retiré des revenus agricoles, un point mis en avant par des experts comme Marie Leblanc, économiste agrarienne.
Lecornu a également promis des règlements imminents pour suspendre certaines importations d’Amérique du Sud qui ne répondent pas aux normes de l'UE. Il insiste sur la nécessité d’“appliquer les mêmes normes et contrôles pour tous”. Enfin, il a reconnu les craintes semblant entourer le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, engageant un dialogue avec la Commission européenne pour atténuer ses effets sur les agriculteurs.
“Le bon sens doit redevenir la règle”, conclut Lecornu, tout en admettant que les mesures révélées doivent être accompagnées de davantage d’actions pour réellement transformer le paysage agricole français. Si ces promesses sont perçues avec scepticisme par certains, elles offrent un terreau d'espoir pour un secteur en quête urgente de soutien.







