Lors d'une interview au journal de 20h, Gérald Darmanin, ministre de la Justice, a mis en lumière les ambitions du parquet national anticriminalité organisée (PNACO). Avec la procureure Vanessa Pérrée à sa tête, ce nouvel organe judiciaire pourrait bien révolutionner la lutte contre le narcotrafic.
En réponse aux préoccupations grandissantes autour de la criminalité organisée, Darmanin a affirmé que ce parquet permettra de coordonner les efforts de différents acteurs judiciaires, unissant magistrats, gendarmes et policiers pour lutter contre le fléau du narcotrafic et d'autres formes de grande criminalité. La procureure Pérrée a précisé que le PNACO comptera une équipe de 34 professionnels, incluant greffiers et enquêteurs, partageant des informations cruciales pour optimiser la répression.
Le ministre n'a pas tardé à évoquer la situation internationale, notamment en ce qui concerne Nicolás Maduro, qu'il a qualifié de « dictateur » impliqué dans le narcotrafic. Il a souligné l'importance de soutenir le retour à la démocratie au Venezuela, tout en se réjouissant de la mise hors d'état de nuire de ceux qui alimentent la criminalité en Europe.
« Nous avons déjà 170 enquêtes en cours », a révélé Pérrée, mettant l'accent sur la gravité de la situation, notamment avec des affaires hautement médiatisées comme l'assassinat de Mehdi Kessaci à Marseille. La ministre a souligné que l'efficacité de ce parquet réside dans sa capacité à centraliser les informations et à agir de manière coordonnée.
En ce qui concerne des groupes criminels tels que la DZ Mafia, Darmanin a affirmé que des efforts considérables ont déjà été déployés pour les neutraliser, avec une trentaine de leurs dirigeants derrière les barreaux. Il a également évoqué la présence croissante d'organisations telles que la Mocro Maffia, soulignant la nécessité d'une coopération internationale renforcée.
La question de la saisie des actifs criminels à l'étranger a également été abordée. Selon Pérrée, la coopération avec des pays comme Dubaï a conduit à des saisies significatives, démontrant que le PNACO est prêt à étendre ses efforts au-delà des frontières françaises. « Loin d'être impossible, cette tâche est désormais à portée de main grâce à l'évolution des législations internationales », a-t-elle précisé.
Darmanin a averti que la France est à un point de bascule en matière de narcotrafic, comparant le phénomène à ce que l'on pourrait voir dans des pays frappés par le narco-banditisme. « Nous devons réagir vigoureusement et de manière déterminée pour protéger notre pays », a-t-il déclaré. Les statistiques récentes, qui montrent une hausse des morts liées à la criminalité organisée, ont ouvert la voie à des réflexions sur les priorités en matière de sécurité publique.
Dans un contexte où les disparités entre le trafic de drogues et le terrorisme sont régulièrement débattues, Darmanin a insisté sur l'importance d'une approche judiciaire robuste pour combattre cette menace croissante. Avec le nouveau PNACO, la France pourrait bien entrer dans une ère où la lutte contre le narcotrafic s'intensifie, se dotant ainsi d'un arsenal judiciaire adapté et efficace.







