Suite à l'annulation de la subvention allouée en 2024 par la Ville de Metz pour la construction de la Grande Mosquée située boulevard de la Défense, un vent de contestation se lève. L'association chargée du projet a annoncé son intention de faire appel de cette décision du tribunal administratif de Strasbourg, qui a statué le 30 décembre dernier que l'intérêt général local n'était pas suffisamment justifié.
La subvention de 490.000 euros, représentant environ 10 % du budget total de 5 millions d'euros, a suscité des débats enflammés. Bien qu'elle ne soit pas déterminante pour l'avancement du projet, la décision judiciaire a soulevé des inquiétudes quant à l'avenir de la communauté musulmane à Metz, qui se sent stigmatisée. Le président de l'association, Mohamed Hicham Joudat, a exprimé son indignation face à une campagne de dénigrement qui s'est intensifiée à travers les réseaux sociaux.
Les travaux de construction de la mosquée, bien que pas affectés par cette annulation, se heurtent à d'autres défis logistiques. Les grandes prières de fin de Ramadan, programmées pour mars, risquent d'être problématiques car l'association a traditionnellement loué des lieux comme Metz Expo pour accueillir les milliers de fidèles. Les espaces habituels de prière seraient déjà saturés en temps normal, exacerbant ainsi la situation actuelle.
Me Redouane Saoudi, avocat de l'association, souligne que le tribunal n'a pas mis en doute la volonté de la mairie de soutenir un édifice cultuel, mais a questionné la démonstration de son intérêt général. Il rappelle que les musulmans, en tant que contribuables, ont le droit au même soutien que les autres cultes en vertu du principe de laïcité en France. En outre, la situation actuelle ne fait qu'intensifier les tensions autour du financement public des lieux de culte, un sujet de débat récurrent.
D'un autre côté, l'Union des familles laïques de la Moselle (Ufal 57), à l'origine de la contestation, pourrait faire face à des conséquences, et le recours à d'éventuelles actions juridiques est à l'étude, notamment en réponse aux menaces et campagnes haineuses qui ont suivi cette annulation.
Dans ce contexte, la Grande Mosquée de Metz envisage de lancer une cagnotte pour faire face à un éventuel remboursement de l'aide déjà dépensée dans les travaux. La première phase du projet devrait être achevée d'ici la fin de l'année, même si la grande salle de prière demeure une vision à plus long terme. Pour des commentaires au sujet des implications sociopolitiques de cette affaire, certains experts estiment que ce type de situation pourrait renforcer des sentiments déjà existants de division au sein de la société française.
En ce qui concerne l'annulation de la subvention, la discussion sur le financement des cultes ne fait que commencer, et il est clair que cette affaire continuera d'alimenter les conversations autour de la laïcité en France.







