Le parquet national antiterroriste (PNAT) a révélé que le nombre de procédures ouvertes en 2025 atteint un sommet inégalé depuis cinq ans. Dix ans après les tragiques attentats du 13 novembre 2015, le bilan de l’année 2025 est jugé «inquiétant» par les experts.
Selon le procureur national antiterroriste, Olivier Christen, environ 87% des enquêtes en cours concernent des actes djihadistes, un ratio similaire à celui observé en 2024. Au total, 532 affaires étaient encore en cours d'instruction à la fin de l'année. Notons que, durant cette période, il a été rapporté que «sept attentats ont été déjoués grâce à la vigilance de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI)», tous ayant un lien direct avec le djihadisme.
Les périodes de vigilance maximale, comme lors des Jeux Olympiques de l'année dernière, avaient permis de déjouer au moins neuf attentats, sans enregistrer de pertes humaines. Cependant, 2025 a vu une hausse de la violence : trois attentats revendiqués par des djihadistes ont causé la mort de deux personnes et blessé neuf autres. Alexandre Rodde, chercheur à la Gendarmerie nationale, souligne que l'augmented vigilance des forces de sécurité n'a pas suffi à endiguer l'escalade des actes violents.
Les actions violentes, bien que moins coordonnées, émanent majoritairement d'individus isolés, inspirés par la propagande djihadiste diffusée sur les réseaux sociaux. Alors que dans les années 1990, des organisations comme Al-Qaida et Daech orchestrent des opérations à grande échelle, aujourd'hui, «la majorité des actes violents proviennent d'initiatives personnelles», note le PNAT.
La tendance des départs pour rejoindre des zones de conflit djihadistes a montré un déclin continu. En 2025, seulement quatre à cinq individus auraient tenté ce type de voyage, mais ce chiffre reste une préoccupation, exacerbé par les nouvelles techniques d'armement.
En parallèle, une lumière inquiétante se jette sur l’augmentation des jeunes concernés : 22 mineurs ont été incriminés pour des actes terroristes, un chiffre en hausse par rapport à l'année précédente, révélant ainsi un «rajeunissement des profils impliqués». Pour faire face à cette situation, le PNAT a mis en place une section spécialisée dédiée à ces jeunes.
Parallèlement, la montée en puissance du terrorisme d'extrême droite commence à inquiéter. L'année 2025 a été marquée par l'ouverture de plusieurs enquêtes, avec un attentat mortel à Puget-sur-Argens, qui a coûté la vie à un homme. Les autorités pointent du doigt la nouvelle génération de terroristes qui émergent dans ce milieu, souvent inspirés par des mouvements néofascistes et suprémacistes.
Alexandre Rodde craint que les avancées technologiques, y compris l'usage de l'intelligence artificielle dans les actes violents, n'aggravent cette situation. Le PNAT indique que 2026, année du quarantième anniversaire de la législation antiterroriste, sera cruciale pour réévaluer l'évolution des menaces terroristes en France.







