Un constat frappant : près de 76 % des établissements de restauration du 15e arrondissement de Marseille sont des fast-foods. Cette réalité met en lumière les choix alimentaires inquiétants dans cette zone, selon une étude de l’Urssaf relayée par des médias tels qu’Aujourd'hui en France. Cette situation positionne le 15e à la deuxième place des arrondissements français les plus touchés par la malbouffe, juste derrière Argenteuil.
Dans cet arrondissement qui compte près de 80 000 habitants, les chaînes de restauration rapide prolifèrent le long des artères principales. Les devantures colorées et accrocheuses, comme Chicken Street ou Tasty Crousty, sont désormais des éléments familiers du paysage. Ce phénomène reflète une montée d'options alimentaires accessibles mais peu nutritives, redéfinissant les habitudes de consommation des habitants.
Un reflexe du quotidien pour les jeunes
Pour beaucoup d’adolescents et de jeunes adultes, opter pour un fast-food est devenu une pratique courante. Des jeunes comme Aron et Salim affirment fréquenter ces établissements pour des repas jugés « rapides et peu coûteux ». Salim, avec humour, confie sa passion pour le tacos: « Je pourrais en manger plusieurs par jour, parfois deux ou trois ». Une telle consommation s'écarte fortement des recommandations nutritionnelles établies.
Le prix d'un menu attractif, souvent aux alentours de quelques euros, constitue un atout indéniable face à la concurrence des restaurants plus traditionnels, auxquels il est difficile de rivaliser.
Les spécialistes en nutrition alertent
Ces tendances inquiètent les professionnels de la santé. Josiane Fontaine, pharmacienne et experte en nutrition à Marseille, décrit ces établissements comme de véritables « bombes caloriques ». Elle dénonce la richesse en gras et en sucres, tout en pointant leur pauvreté en fibres et nutriments essentiels. Pour elle, l'absence de conséquences immédiates, perceptibles lors de la jeunesse, risque de transformer ce mode de vie en réels facteurs de risque pour le surpoids et le diabète à l'âge adulte.
Elle insiste également sur les effets néfastes des modes de cuisson typiques, comme la friture, qui peuvent engendrer des composés nocifs tels que l’acrylamide. En période où l'obésité des jeunes adultes est en forte augmentation, ces mises en garde prennent une ampleur considérable.
Dans ce contexte alarmant, le gouvernement français a récemment présenté une feuille de route visant à combattre l'obésité, pointant l'urgence de repenser notre rapport à la nourriture. L'avenir de la santé publique repose sur une prise de conscience collective face à ce phénomène grandissant.







