Pablo Votadoro, pédopsychiatre renommé basé à Paris, met en lumière la montée alarmante des comportements violents chez les adolescents. Dans une discussion sur les récentes attaques au couteau dans les établissements scolaires, notamment l'agression d'une enseignante dans le Var au début de février, il souligne le phénomène de « contagion » qui semble émerger.
Les récentes agressions, dont celle ayant coûté la vie à Dominique Bernard à Arras en octobre 2023, ainsi que l'attaque de la professeure Agnès Lassalle à Saint-Jean-de-Luz, illustrent une inquiétante tendance. Ces événements, érigés en exemples tragiques, semblent avoir engendré un mimétisme, où chaque acte de violence appelle le suivant.
Les jeunes d'aujourd'hui vivent dans un environnement où l'angoisse et le harcèlement deviennent des réalités quotidiennes. Pablo Votadoro affirme : « La médiatisation de ces incidents peut renforcer un modèle comportemental destructeur. » Selon lui, ce phénomène inquiétant n'est pas isolé, mais plutôt le reflet d'une profonde malaise social. Avec près de 30 % des jeunes touchés par des problèmes de dépression et d'anxiété, les répercussions sur leur comportement peuvent être dévastatrices.
Alors que le discours public se concentre sur ces vagues de violence, Votadoro attire notre attention sur la responsabilité collective. Le cinéaste américain Bong Joon-ho a récemment évoqué le phénomène d'identification que les jeunes peuvent ressentir face à des actes extrêmes représentés dans les médias.
Dans cette lutte contre une réalité qui semble se répéter, la prévention doit devenir une priorité. Les structures de santé mentale doivent être revalorisées pour éviter une dérive vers une compréhension purement gestionnaire du problème. Déjà, des voix s'élèvent pour rappeler l’importance d'écouter et d’accompagner les adolescents dans leur souffrance, une réalité que le monde médical peine parfois à intégrer.
« La prévention doit devenir une priorité absolue pour éviter cet emballement », conclut Votadoro, insistant sur le besoin d'une approche plus humaine et attentive, rappelant ainsi la nécessité d'une prise en charge adéquate.
(1) L’effet Werther, du nom du personnage de Goethe, évoque la tendance aux comportements suicidaires suscités par des œuvres littéraires.







