Instrumentalisation des valeurs de liberté et protection des enfants… Le Planning familial publie une analyse comparative des stratégies d'opposition à cette question essentielle dans six pays européens.
Depuis plusieurs années, l'éducation à la sexualité fait face à des « résistances croissantes » sur le vieux continent. Intitulée « L'offensive contre l'éducation complète à la sexualité », la dernière étude du Planning familial, dévoilée ce lundi 23 février, met en lumière des disparités marquées dans l'encadrement législatif et l'application effectives des cours dans plusieurs pays européens.
« En France, seulement 15 à 20 % des élèves bénéficient réellement de cours d'éducation à la sexualité. »
Un bilan contrasté en Europe
La Suède se démarque comme « pionnière » en matière d'éducation à la sexualité, proposant un cadre obligatoire dès 1955, renforcé par une formation des enseignants obligatoire instaurée en 2021. À l'inverse, la Hongrie a mis en place une législation « restreignant sévèrement tout contenu non conforme à l'image traditionnelle hétérosexuelle ». Il en va de même en Italie, où l'éducation à la sexualité est facultative, avec un décret imposant le consentement parental ante d'entrer en vigueur en juin 2025.
En France, bien que cette éducation soit obligatoire depuis 2001, « seulement 15 à 20 % des élèves en bénéficient réellement », souligne l'étude. Après des années de stagnation, le premier programme scolaire dédié n'entrera en vigueur qu'à la rentrée 2025. L'État a été condamné en décembre dernier à verser un euro symbolique pour avoir tardé à organiser les séances.
Selon le Planning familial, le mouvement d'opposition s'articule autour d'une « constellation hétérogène d'acteurs » (associations familiales, partis de droite, organisations parentales, etc.), soutenue par des entités européennes et internationales comme le World Congress of Families et CitizenGO. L'étude souligne que « les organisations de plaidoyer anti-genre représentent la plus grande source de financement ».
Des stratégies d'opposition largement répandues
Les stratégies de réticence déployées à travers l'Europe s'appuient sur des discours similaires, incluant notamment la diabolisation de « l'idéologie du genre ». Ce terme permet de regrouper les questions liées aux transidentités, à l'IVG et aux droits LGBTQ+ sous une même dénomination, renforçant l'idée d'une déstructuration sociale alarmante.
Ces tactiques d'opposition ont des conséquences concrètes sur le terrain, induisant autocensure et compromis sur les programmes. En France, des thèmes considérés comme « inappropriés » ont été retirés du programme à la suite de pressions d'opposants.
Face à ces défis, l'étude préconise d'intégrer l'éducation complète à la sexualité dans les politiques sociales européennes, niveau considéré plus approprié que celui de l'éducation. Une sécurisation des financements est également recommandée pour assurer sa pérennité.







