À la fin du XVIIIe siècle, Avignon émerge d'une période tumultueuse. Alors que les tensions politiques atteignent leur paroxysme et que la commune fait face à de lourdes pénuries alimentaires, un nouveau leadership s'impose.
En 1795, Guillaume Puy, un homme originaire d'Avignon issu d'une famille prospère, prend ses fonctions en tant que maire. Confronté à une crise alimentaire sévère, il prend une décision audacieuse : investir une grande partie de sa fortune personnelle ainsi qu'emprunter 300 000 francs pour acquérir du blé afin d'approvisionner la ville.
Ce geste fracassant lui permet non seulement de prévenir une famine imminente, mais lui octroie également une réputation d'administrateur dévoué, engagé pour le bien-être de ses concitoyens.
Un maire réformateur pour Avignon
Entre 1795 et 1815, Guillaume Puy multiplie les réformes pour remettre la ville sur les rails du progrès. Il soutient activement le commerce local, modernise les manufactures et construit un pont en bois pour relier les rives du Rhône, favorisant ainsi les échanges commerciaux.
En parallèle, il restructure le système hospitalier et met en place un bureau de bienfaisance pour soutenir les plus vulnérables, un ancêtre de ce qui deviendra le centre communal d'action sociale.
Puy attache aussi une grande importance à la culture et à l'éducation. Sous son mandat, de nouvelles écoles gratuites voient le jour et le musée Calvet bénéficie de son aide, notamment à la création de l'école des beaux-arts d'Avignon. Napoléon lui-même le surnomme 'maire modèle' en reconnaissance de ses efforts.
Le canal Puy : un projet encore utile
Parmi ses réalisations les plus durables, le canal Puy s'impose comme un projet phare. Initié en 1806, ce canal d’acheminement de l'eau depuis la Durance jusqu'à la plaine agricole s’étend sur environ sept kilomètres. Deux siècles plus tard, cette infrastructure reste essentielle pour l'agriculture locale, témoignant de l'impact durable des initiatives de Puy sur l'aménagement du territoire.
Un homme de convictions
Guillaume Puy se distingue également par son courage politique. En 1815, lors d'une émeute à Avignon, il tente d'intervenir lorsque le maréchal Brune, général de Napoléon, est pris à partie par des royalistes. Face à l'escalade de la violence, le maréchal est abattu. Malgré les pressions, Puy refuse de falsifier un procès-verbal pour occulter cet événement tragique, affirmant que cela serait une honte pour la ville.
Des traces toujours visibles à Avignon
Le legs de Guillaume Puy perdure à Avignon, où une rue emblématique porte son nom. Sur la place qui y est adjacente, une fontaine abrite un buste à sa mémoire. Un hommage approprié pour un homme décrit par le préfet de l’époque comme entièrement dévoué au bien-être de sa ville.







