Le Scaf, programme de futur avion de combat européen, est plongé dans des tensions industrielles, notamment entre la France et l'Allemagne. Guillaume Faury, directeur d'Airbus, a récemment exprimé des réserves sur sa pertinence lors d'un sommet à Manching, en Allemagne. Selon lui, le programme, conçu en période de paix, repose sur des hypothèses désormais dépassées. "Cette initiative a vu le jour avant le début de la guerre en Ukraine. Il est impératif d’adapter notre approche", a-t-il expliqué.
"Il vaut mieux affronter dès maintenant les difficultés et les réalités auxquelles le Scaf devra faire face au cours de la prochaine décennie, plutôt que de devoir corriger le tir plus tard", a-t-il ajouté.
Le besoin d'une médiation urgente
Les préoccupations autour du Scaf ont longtemps été dominées par des rivalités entre Dassault Aviation, principal acteur français, et Airbus, représentant allemand et espagnol. Les récents conflits en Ukraine et au Moyen-Orient amènent les experts à reconsidérer le rôle traditionnel des avions de chasse. Le Scaf, qui doit remplacer les Rafale et Eurofighter d'ici à 2040, prévoit un écosystème intégré comportant des drones et un système de combat numérique.
Guillaume Faury a reconnu: "Nous rencontrons une difficulté sur l'un des piliers du programme. Ce n'est pas le plus simple".
Il a souligné que la collaboration entre les partenaires est également un défi majeur, évoquant la position de Dassault qui ne souhaite pas être un "leader minoritaire" et réclame une évolution de la gouvernance.
Lancé en 2017 par Emmanuel Macron et Angela Merkel, le projet Scaf illustre la volonté des deux nations de coopérer en matière de défense. Dans le contexte d'une Russie de plus en plus agressive et d'un engagement américain fluctuant, des médiations, souhaitées par le président français, devraient aider à résoudre ces tensions industrielles. Selon des experts, un front uni est crucial pour maintenir la sécurité européenne face à des menaces émergentes.







