Le 22 mai dernier, l'Union européenne et le Mexique ont officiellement signé un accord de libre-échange modernisé. Cet engagement, pris après un an de négociations, vise principalement à atténuer leur dépendance vis-à-vis des États-Unis. Avec des ambitions bien définies, ce nouvel accord aspire à voir les exportations mexicaines vers l'UE atteindre 36 milliards de dollars d'ici 2030.
Bien que l'accord commercial entre l'UE et le Mercosur ait récemment fait la une des journaux, l'accord entre l'Union et le Mexique, longtemps en attente, mérite également une attention particulière. En effet, cet accord a pour but de diminuer leur vulnérabilité face aux droits de douane imposés sous l'administration de Donald Trump.
Élargissant l'accord commercial initial de 2000 qui ne concernait que les biens industriels, le texte signé intègre désormais un large éventail de secteurs, incluant les services, les marchés publics, le commerce électronique et les produits agricoles. Selon Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, cet accord représente « une opportunité inégalée pour renforcer les liens économiques ».
Riposte face aux États-Unis
Ce nouvel accord est une réponse directe aux tarifs douaniers sévères imposés par les États-Unis, qui ont affecté lourdement les secteurs agricole et industriel au Mexique. Le ministère mexicain de l'Économie anticipe ainsi une augmentation significative des exportations vers l'UE, passant de 24 milliards de dollars à 36 milliards d'ici 2030.
Des experts du secteur affirment que cette coopération renforcée pourrait stabiliser les relations commerciales entre les deux régions. Selon une analyse publiée dans *Le Monde*, l'Europe représente déjà un marché crucial pour le Mexique, où les échanges se chiffrent à 65 milliards de dollars annuellement, représentant une croissance de 75 % en dix ans.
Ce que prévoit l'accord
Les modalités de l'accord prévoient un accès sans droits de douane pour presque toutes les marchandises, y compris les produits agricoles tels que le poulet et les asperges du Mexique, ainsi que des produits européens comme le lait en poudre et le fromage. Cela offre une immense opportunité de diversification du commerce au-delà de la sphère d'influence américaine.
Cependant, la ratification par le Parlement européen demeure un enjeu crucial. Alors que les négociations avec le Mercosur ont précédé cette signature, cette nouvelle donne est enfin actée et pourrait poser des jalons pour d'autres accords futurs.
Les tentatives de diversification commerciale posent la question de l'avenir des relations avec les États-Unis, alors que le Mexique reste largement dépendant des exportations vers ce marché. Néanmoins, les représentants des deux parties demeurent optimistes quant aux perspectives qu'offre cet accord pour l'avenir économique des deux régions.







