Jean Castex appelle à l'équité dans le transport ferroviaire

Jean Castex dévoile les défis de la SNCF face à la concurrence croissante.
Jean Castex appelle à l'équité dans le transport ferroviaire
Lors des Rencontres d'Aix-en-Provence, le président de la SNCF a exprimé son inquiétude face à la compétition qui privilégie les lignes rentables.

Alors que la SNCF se prépare à un changement profond avec l'ouverture à la concurrence, Jean Castex a souligné lors des Rencontres d'Aix-en-Provence le 2 juillet la nécessité d'une adaptation. "L'ouverture à la concurrence est un choc pour la SNCF et pour l'ensemble du secteur ferroviaire", a-t-il déclaré.

Malgré cela, il a noté des aspects positifs, soulignant : "Jamais nous n'avons transporté autant de passagers. La demande pour le ferroviaire est en forte hausse, et cela est réjouissant". Depuis 2019, le trafic TGV a augmenté de 20%, tandis que les trains régionaux (TER) enregistrent une croissance de 45%.

Le défi inhérent à cette évolution, selon Castex, réside dans le manque de trains disponibles : "Aujourd'hui, le véritable obstacle n'est pas l'ouverture à la concurrence, mais bien la disponibilité des trains. Je lance donc un appel aux fabricants présents ici : qu'ils se dépêchent de me livrer!"

Des règles à redéfinir pour la concurrence

Castex a également évoqué l'historique du réseau ferroviaire français, rappelant que l'État a nationalisé les compagnies privées en difficultés à l'époque où le secteur était dominé par des acteurs privés. Il a souligné que les règles doivent être équilibrées. "Il n'est pas normal que les concurrents se concentrent uniquement sur les parcours rentables en négligeant les liaisons régionales. Les petites villes doivent également être desservies", a-t-il insisté.

Sur BFM Business, Christophe Fanichet, PDG de SNCF Voyageurs, a appuyé ce discours, en affirmant que la SNCF dessert des villes auxquelles ses concurrents ne pensent pas, souvent limitées aux lignes les plus lucratives.

Une ouverture bénéfique mais délicate

Actuellement, environ la moitié des lignes TGV ne sont pas rentables, mais cela n'empêchera pas la SNCF de les maintenir. Castex a ajouté : "Je défends l'aménagement du territoire. Nous continuerons à desservir des villes comme Libourne, Angoulême ou Poitiers. Je demande à mes concurrents de respecter les mêmes règles".

"Nous n'avons pas à redouter l'ouverture à la concurrence, car nous possédons les compétences nécessaires", a déclaré Jean Castex.

Il a également noté que cette concurrence pourrait inciter la SNCF à améliorer ses services et à abaisser les prix pour mieux répondre aux attentes des clients. Cependant, il a mis en garde contre le besoin de travailler de concert avec les syndicats pour éviter de créer des tensions : "Il est crucial d'améliorer notre productivité tout en préservant le dialogue social".

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