Le 1er-Mai sous le feu des débats : les artisans veulent leur droit de travailler

Des boulangers et fleuristes pourraient bientôt ouvrir le 1er-Mai, une mesure controversée.
Le 1er-Mai sous le feu des débats : les artisans veulent leur droit de travailler
Pains sortant du four dans une boulangerie de Dijon (Illustration) © Maxppp - Nicolas Salin

Ce jeudi, l’Assemblée nationale débattra d'une proposition de loi visant à autoriser le travail de certains commerces le 1er mai, une journée habituellement chômée en France. L'initiative, portée par des sénateurs centristes, suscite des réactions contrastées parmi les professionnels et les syndicats.

La mesure est très attendue par des acteurs comme les boulangers et les fleuristes, qui aspirent à assouplir les réglementations jugées trop strictes. En effet, des cas de verbalisation de boulangers pour avoir ouvert le 1er mai ont provoqué un tollé l’an dernier, avec des amendes à la clé. Selon Fabrice Collet, patron de la boulangerie "Maison Collet" à Paris, "cette réforme pourrait permettre à ceux qui souhaitent travailler d’y parvenir sans craindre des représailles”.

Actuellement, l’article 3133-4 du Code du Travail stipule que le 1er-Mai est un jour férié et chômé, interdissant aux employés de travailler sauf dans des cas très spécifiques comme les hôpitaux ou les transports.

La nouvelle proposition de loi élargirait cette possibilité à certains commerces de proximité tels que les boulangeries, pâtisseries et fleurs, tout en excluant les grandes surfaces. De plus, les employés qui choisiraient de travailler seraient rémunérés au double de leur salaire normal. Cependant, des inquiétudes persistent sur la nécessité d'obtenir un accord écrit de chaque salarié désireux de travailler ce jour-là, une clause qui fait craindre des complications et pourrait dissuader certains employés de se porter volontaires.

Pourtant, des avis divergents émergent. Aurélien Allaizeau, boulanger, précise l'importance d’être en mesure d’ouvrir lors de fêtes où les grandes surfaces restent fermées, notant que cela représente une augmentation significative du chiffre d’affaires potentiel. Néanmoins, d'autres commerçants comme Aly Coulibaly, directeur d'épiceries à Paris, doutent que cela soit réellement bénéfique : "Si tous les commerces ouvrent, cela ne changera rien pour moi en termes de revenus".

Côté syndical, la crainte est palpable. Les organisations comme la CFDT et la CGT dénoncent ce projet qui pourrait menacer la symbolique historique du 1er mai, visant à honorer les luttes des travailleurs. "Cette loi pourrait ouvrir la voie à la dérogation de nombreux droits acquis", argumentent-ils. Selon eux, ce jour ne doit pas être banalisé et doit rester un moment de repos symbolique pour les travailleurs.

Des experts soulignent que malgré l’intention de sécuriser juridiquement les pratiques actuelles, cela pourrait avoir des effets néfastes à long terme, en ouvrant la porte à des conditions de travail moins favorables. France Bleu rappelle qu'une telle réforme pourrait finalement transformer le profil de la fête du Travail, allant à l'encontre de son essence.

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