Capgemini, le célèbre groupe français d'informatique, a indiqué ce dimanche 1er janvier qu'il allait mettre en vente sa filiale travaillant pour l'Immigration and Customs Enforcement (ICE) des États-Unis, une décision motivée par la controverse entourant un contrat récent. Dans un communiqué, l'entreprise a expliqué que « Capgemini va mettre en vente sa filiale Capgemini Government Solutions », ajoutant que le processus serait lancé sans délai. Celle-ci représente une part modeste de 0,4 % de son chiffre d'affaires prévisionnel pour 2025, et moins de 2 % de ses revenus aux États-Unis.
Selon l'association L'Observatoire des multinationales, relayée par France 2, Capgemini a fourni un outil d'identification et de localisation pour des personnes étrangères à l'ICE, qui joue un rôle clé dans la politique d'immigration anti-immigration du président Donald Trump.
Un conseil d'administration extraordinaire a été convoqué par Capgemini, tandis qu'un message interne aux salariés a révélé que « le contrat controversé, attribué en décembre, faisait l’objet d’un recours ». La décision de vendre a été motivée par les « contraintes légales » que l'entreprise a jugées incompatibles avec ses valeurs et ses objectifs.
Problématique de la localisation des étrangers
Aiman Ezzat, le directeur général de Capgemini, a déclaré le 25 janvier sur LinkedIn qu'il avait pris connaissance de ce contrat par le biais de « sources publiques ». Ce contrat, d'un montant initial de 4,8 millions de dollars, pourrait atteindre jusqu'à 365 millions de dollars selon les performances de la filiale. La société a justifié son incapacité à contrôler les activités de cette entité, précisant qu'elle fonctionne de manière autonome sous la législation américaine.
Les critiques en France, y compris de la part de syndicats et de responsables politiques, n'ont pas manqué de se faire entendre. « Il est essentiel qu’une entreprise française soit transparente sur ses contrats avec l’ICE », a affirmé Roland Lescure, ministre de l'économie, lors de ses vœux à la presse. Cette décision de Capgemini souligne les défis éthiques que rencontrent les entreprises opérant à l'international et soulevant des préoccupations morales par rapport aux politiques gouvernementales.







