« La décision de contourner le Massif central pour la ligne Bordeaux-Lyon a mis le feu aux poudres », a déclaré Stéphanie Picard, porte-parole du collectif Usagers du Train Clermont-Paris. Plus de 500 personnes ont défilé samedi à Limoges pour dénoncer l’abandon de cette région par la SNCF et réclamer une revitalisation des lignes ferroviaires. Se rassemblant autour des préoccupations communes, 36 associations d'usagers de Nouvelle-Aquitaine et d'Auvergne-Rhône-Alpes, ainsi que divers élus, ont parcouru le chemin de la gare jusqu'à la préfecture de Haute-Vienne, où ils ont accroché des chaussures usées aux grilles, symbole de leur lassitude.
« Nous ne voulons plus user nos vieux souliers, c'est en train que nous souhaitons voyager », pouvait-on lire sur des banderoles, reflétant une exaspération grandissante face aux retards et aux annulations. Stéphanie Picard a également précisé à l'AFP que l’annonce récente de la SNCF concernant une liaison TGV Ouigo entre Lyon et Bordeaux, évitant encore une fois le Massif central, a fortement contribué à l’indignation des manifestants.
Une usagère a partagé son inquiétude : « Ces petites lignes représentent notre métro quotidien pour aller au travail, étudier ou accéder à des soins. Chaque jour de retard dans la rénovation signifie davantage de coûts et un risque d'irréversibilité que nous ne pouvons accepter ». Bernard Peuch, représentant du collectif Angoulim et résident de Saint-Junien, a qualifié cette mobilisation de « réussite » pour son ampleur et son unité face à la précarisation du réseau ferroviaire. Cela survient alors que la loi cadre du ferroviaire est attendue au Conseil des ministres du 4 février.
Les associatifs demandent un « vrai plan de financement pluriannuel pour le rail », insistant sur la nécessité d’un État capable de planifier des investissements à long terme. « Les bus de substitution ne sont qu’une solution de dernier recours, un véritable mal-transport », a précisé Peuch avec véhémence.
De plus, l'absence de trains est perçue comme un « facteur d'inégalité » pour les entreprises et les territoires affectés. Valérie Simonet, présidente du Conseil départemental de la Creuse, a souligné que cette décision de détourner des lignes autour du Massif central pourrait priver des départements entiers de nouvelles opportunités économiques, notamment dans le cadre du télétravail.







