Le Mipim, le Marché international des professionnels de l'immobilier, débute à Cannes alors qu’un climat international tendu, marqué par la guerre au Moyen-Orient, s’installe. Les tensions croissantes entre les États-Unis, Israël et l'Iran, particulièrement, soulèvent des inquiétudes quant à l'impact sur l'économie mondiale et, inévitablement, sur le secteur immobilier.
Historiquement fragile en raison de la crise énergétique de 2022 et d'autres conjonctures économiques, ce secteur se retrouve à nouveau sous pression. En 2026, les incertitudes restent palpables à quelques jours de l'ouverture du salon, qui a attiré 20 000 participants provenant de 90 pays l’année précédente, dont un tiers d'investisseurs représentant des actifs d’une valeur de 4 000 milliards d’euros.
« Comment abordez-vous l’ouverture du salon dans ce contexte ? »
Nicolas Boffi, directeur du Mipim - « Le Mipim est un évènement global, enraciné dans des enjeux géopolitiques. Nous avons été pris de court, comme tout le monde, et nos pensées vont à nos partenaires dans la région. »
« Pour l'instant, nous n'avons pas d'annulations de délégations ou de pavillons. Les délégations du Moyen-Orient viennent, elles nous l'ont confirmé par téléphone. »
Nicolas Boffi a précisé que même si quelques annulations individuelles ont été signalées, aucune délégation étatique n’a annulé sa participation, y compris celles d'Oman, d'Arabie Saoudite et du Qatar. « Nous restons vigilants face à l'évolution de la situation, mais pour l'instant, tout semble bien se dérouler », a-t-il ajouté.
Le Mipim se prépare également à une édition inédite au Moyen-Orient en octobre prochain à Riyad. Comment cette nouvelle guerre influence-t-elle ce projet ?
Nicolas Boffi - « Nous avons signé un protocole d'accord avec le ministère de l'investissement saoudien juste avant le déclenchement des attaques. Notre confiance reste intacte, car il y a un élan impressionnant d'investissements en Arabie Saoudite, avec des projets ambitieux qui émergent rapidement. »
« Les effets et conséquences de ce conflit sont encore difficiles à prévoir, seulement une semaine après les premières attaques. »
Alors que les acteurs européens avaient fait preuve d'une certaine réticence aux dernières éditions, Boffi souligne un regain d'intérêt pour cette année. Des pays comme le Royaume-Uni, l'Espagne et l'Italie, très engagés dans leur croissance, seront bien représentés.
Il a ajouté qu’un cycle de conférences sur la technologie, incluant le rôle croissant de l’IA dans l’immobilier, sera également à l’honneur. « Nous sommes à un moment pivot, où le secteur doit évoluer pour s’adapter », conclut-il.







