Sous la pression croissante des partis d'opposition, le gouvernement français examine les moyens de faire face à la hausse des prix à la pompe causée par le conflit au Moyen-Orient. Cependant, il rejette pour l'instant toute idée d'aides publiques, préoccupé par l'impact sur les finances de l'État.
Lundi matin, le cours du brut continuait son ascension vertigineuse. À 11H00 GMT, le baril de Brent s'élevait à 106,35 dollars, enregistrant une hausse de 14,74%. Toutefois, il avait au préalable atteint une hausse de plus de 28% avant que l'annonce d'un recours aux réserves stratégiques par le G7 ne freine cette envolée.
Depuis le début des hostilités, le prix du SP95-E10, essence la plus couramment utilisée par les automobilistes français, a grimpé de 10 centimes, atteignant 1,82 euro le litre. Ce chiffre représente une augmentation d'environ 6% et une hausse de près de 5 euros pour un plein de 50 litres, selon les données gouvernementales. La situation est encore plus préoccupante pour le gazole, dont le coût a grimpé à 1,98 euro le litre, soit une hausse de 15%.
Face à ce contexte difficile, le gouvernement a jusqu’ici écarté toute possibilité de nouvelles aides pour l'achat de carburant. La ministre déléguée à l'Énergie, Maud Bregeon, a déclaré : "Il est trop tôt pour envisager de telles mesures. Nous scrutons toutes les options disponibles." Elle a aussi jugé la proposition de Marine Le Pen, chef des députés du Rassemblement national, d'une diminution des taxes sur les carburants comme "précipitée".
Certains pays asiatiques, fortement dépendants du pétrole du Golfe, ont décidé d'agir en mettant en place des mesures pour atténuer l'impact : plafonnement des prix en Corée du Sud, suppression des taxes douanières au Vietnam, et ajustements à Taïwan. Pendant ce temps, des contrôles seront effectués dans les stations-service pour éviter les augmentations injustifiées des prix à la pompe, comme l’a annoncé le Premier ministre Sébastien Lecornu.
Les distributeurs seront de nouveau consultés à la fin de cette semaine pour une mise à jour de la situation. Mme Bregeon a précisé : "Certains distributeurs respectent les recommandations, mais certains abus ont été observés. Nous devons veiller à ce que cela ne devienne pas une norme."
Au niveau politique, Jordan Bardella, sur BFM, a reiteré sa demande de réduction des taxes sur le carburant pour éviter que l'État ne profite de la crise : "Il est temps de redistribuer ces gains anormaux aux citoyens." Pourtant, la ministre Bregeon a affirmé qu'une telle réduction serait "inconcevable" en raison d'un impact budgétaire potentiel de 20 milliards d'euros. Elle a aussi mentionné que l'accise ne varie pas avec les prix du carburant.
De leur côté, les membres de La France Insoumise ont proposé un "blocage des prix" de l'essence, soulignant l'importance de cette question pour le pouvoir d'achat des Français, en particulier pour les plus modestes. Un automobiliste, Yann Grabit, a exprimé son désarroi : "Cela fait très mal au portefeuille. Avec ça, je fais même pas 100 km...", a-t-il confié à l'AFP dans une station à Marseille où le prix du gazole était à 2,16 euros le litre.







