Les routiers et conducteurs d'autocars se mobilisent à nouveau ce lundi 30 mars en Ile-de-France pour faire entendre leur voix sur la nécessité d'une aide étatique renforcée face à la flambée des prix des carburants. Selon Bruce Aiglehoux, secrétaire général du syndicat OTRE Ile-de-France, environ 110 autocars et 70 camions prendront part à une opération escargot qui pourrait ralentir significativement le trafic sur le périphérique parisien entre 10h00 et 11h00.
Les manifestants se rassembleront près de la porte de Vincennes à 09h00, avant de s'engager sur le périphérique. Bien que sans blocage total, cette opération entraînera des retards importants, a précisé Aiglehoux. Celui-ci a également prévu de rencontrer le préfet de région pour lui transmettre les revendications du secteur, témoignage d'une mobilisation qui ne laisse pas indifférent face aux difficultés économiques actuelles.
Vendredi dernier, le gouvernement a annoncé une aide financière de 50 millions d'euros destinée au secteur des transports, lourdement affecté par l'envolée des coûts des carburants, exacerbée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Cette aide vise principalement les très petites, petites et moyennes entreprises (TPE-PME) éprouvées par la crise. Selon la promesse gouvernementale, les entreprises éligibles pourront bénéficier d'un soutien de 20 centimes par litre de carburant.
Malgré ces annonces, les transporteurs jugent cette mesure insuffisante. Bruce Aiglehoux a exprimé son scepticisme en affirmant : "20 centimes, ce n'est pas suffisant. On demande une baisse à la pompe," ajoutant qu"il serait également souhaitable de prévoir une aide forfaitaire par véhicule pour compenser les pertes subies en mars.
La ministre de l'Énergie, Maud Bréagon, a réagi à ces préoccupations en déclarant sur LCI : "Nos options budgétaires sont limitées, mais nous restons attentifs aux évolutions de la situation." Son discours laisse cependant entrevoir une possible adaptation des mesures à venir.
D'autres actions de protestation sont à prévoir dans les jours suivants, notamment en Pays de la Loire et en Provence-Alpes-Côte d'Azur, incitant Aiglehoux à prévenir : "Si aucune réponse satisfaisante n'est apportée dans la semaine, nous intensifierons nos actions, ce qui pourrait engendrer des blocages plus conséquents." Un appel à la solidarité pourrait également rassembler d'autres secteurs touchés par la hausse des carburants, telle que l'agriculture.







