Les chauffeurs de taxis de la Sarthe, particulièrement ceux conventionnés par l'Assurance Maladie, sont de plus en plus inquiets. Depuis l'entrée en vigueur de la nouvelle convention, leur chiffre d'affaires a fortement diminué en raison d'une indemnisation jugée insuffisante pour certaines courses. Cette situation menace l'avenir de leur profession.
La réforme, qui a été mise en place par la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM), est entrée en vigueur le 1er novembre 2025. Son objectif est de rationaliser la tarification, complexe et variable selon les régions, tout en favorisant le transport partagé, plus respectueux de l'environnement. Cependant, cette volonté d'harmonisation implique également une réduction significative des coûts, avec un objectif d'économies de 150 millions d'euros.
Pascal Gauché, président de l'Union des artisans taxis de la Sarthe, ne cache pas son désarroi : "Cette convention est catastrophique pour notre profession. Sur les trajets liés aux hospitalisations, nous subissons des pertes de 40 à 50 % de nos revenus, sans compter l'augmentation des coûts de carburant, qui m'affecte de 250 € par mois en tant qu'indépendant. Pour ceux qui emploient plusieurs salariés, la situation est encore plus alarmante." Comme le souligne un rapport de France Info, le secteur du transport sanitaire a connu des hausses de coûts dramatiques, atteignant 6,7 milliards d'euros en 2024, en augmentation de 7 % par rapport à l'année précédente.
Les changements apportés par cette nouvelle convention ne s'arrêtent pas là. Le temps d'attente à l'hôpital ne sera désormais plus indemnisé, ce qui contraint les chauffeurs à mutualiser les transports de patients. Cependant, cela pose des problèmes logistiques en termes de délais et de trajets. Gauché explique : "Pour des raisons pratiques, il est souvent impossible de faire des détours conséquents."
Une rémunération en forte baisse
La situation est tout aussi préoccupante pour les taxis urbains. Christophe Besombes, un chauffeur basé à Changé, indique : "Avant la réforme, un transport en agglomération rapportait environ 18 €. Aujourd'hui, nous ne recevons plus que 13 €. Cela représente une perte significative, sans compter la hausse des charges." Ce contexte économique difficile pousse certains chauffeurs à reconsidérer leur activité, ce qui pourrait nuire aux patients, notamment les personnes âgées ou les enfants ayant besoin de soins spécifiques. Besombes remarque : "Des entreprises choisissent de ne plus accepter certains passagers en raison des complications administratives et du temps qu'elles doivent investir."
D'après des observations de l'APF France handicap, ces ajustements tarifaires ne sont pas seulement nuisibles pour les chauffeurs, mais également pour les patients qui pourraient avoir besoin de soins urgents. Les artisans taxis de la Sarthe craignent également pour l'avenir de leur profession : "Nous avons déjà constaté la fermeture de deux entreprises ces derniers mois," concluent Gauché et Besombes. Cette situation alerte la communauté sur la pérennité du service de transport sanitaire dans la région.







