Le procès de deux maraîchers originaires de Drôme a retenu l'attention des services judiciaires ce mercredi 14 janvier, alors que le parquet de Marseille a requis des peines de quatre à six mois de prison avec sursis à leur encontre. Ces agriculteurs, basés à Épinouze et Lapeyrouse-Mornay, sont accusés d'avoir acquis des produits phytosanitaires prohibés sur le territoire français.
Les accusations reposent sur des perquisitions menées en 2022 et 2023, au cours desquelles 435 litres de produits phytopharmaceutiques ont été découverts à Lapeyrouse-Mornay, dont une partie dissimulée dans un grenier, et une autre dans une cuve située dans une serre cultivant fraises et framboises. Parallèlement, à Épinouze, les autorités ont mis la main sur une cuve de 1 000 litres de metam sodium, en provenance d'Espagne, une substance particulièrement controversée.
Pour compléter les sanctions, le parquet a aussi suggéré des amendes conséquentes, oscillant entre 15 000 et 25 000 euros pour chacun des deux agriculteurs. Ces montants sont critiqués par Norma Jullien Cravota, juriste à l'association France Nature Environnement Auvergne-Rhône-Alpes. Elle déplore que les sanctions financières ne soient pas suffisamment dissuasives pour celles et ceux qui choisissent de contourner des réglementations dédiées à la protection de l'environnement.
« Les personnes qui enfreignent les lois environnementales semblent en tirer des bénéfices supérieurs aux amendes encourues », a-t-elle déclaré, soulignant la nécessité de sanctionner plus sévèrement ces atteintes à la biodiversité. Elle a également critiqué le fait que ces infractions causent des conséquences néfastes sur la pollution des sols et de l'air.
La décision finale sera annoncée le 7 avril, et les experts continuent de surveiller l'évolution de cette affaire, qui pourrait établir des précédents en matière de réglementation des pratiques agricoles en France. D'autres affaires similaires attirent déjà l'attention des autorités, et ces incidents soulignent l'importance d'harmoniser les lois pour protéger notre écosystème fragile.







