Du changement dans la lutte contre les délits routiers dans les Alpes-Maritimes

Une décision du procureur soulève des questions de sécurité routière et de justice.
Du changement dans la lutte contre les délits routiers dans les Alpes-Maritimes
Le procureur de Grasse, Éric Camous, a annoncé la fin du régime de garde à vue automatique pour certains délits liés à la sécurité routière. Une initiative qui suscite de vives critiques parmi les syndicats de police et les familles de victimes.

Dans une circulaire diffusée aux autorités judiciaires le 2 octobre, Éric Camous a clarifié que les interpellations pour infraction à la circulation routière ne nécessiteraient plus systématiquement une garde à vue. Les infractions concernées incluent la conduite en état d'ivresse, sous l'usage de stupéfiants, ainsi que la conduite sans permis.

Le procureur justifie cette mesure par la volonté de désengorger les tribunaux et de simplifier les procédures judiciaires. Il note que de nombreuses personnes gardées à vue demandent souvent une visite médicale, ce qui retarde le traitement des affaires et inhibe l’efficacité des opérations.

Des réactions négatives

Cette décision tranche nettement avec le renforcement des sanctions pour les délits routiers récemment voté par le Parlement, comme le souligne BFMTV dans ses reportages. En effet, les proches des victimes plaident pour une justice plus sévère, réclamant des lois plus strictes pour les conducteurs dangereux.

Christian Auger, grand-père d'un adolescent tué par un conducteur alcoolisé, s'interroge : "Quel est l'objectif du procureur? Moins de morts sur la route ou désengorger les tribunaux?"

Les syndicats de police partagent une inquiétude similaire. Selon Tristan Jacquemot, délégué de l’Unité Police 06 : "Cette directive pose des questions sur l’issue des cas. Ne risque-t-on pas d’arriver à des pleins sans suite?" Ils rappellent que l’alcool est impliqué dans un accident sur trois, tandis que les stupéfiants sont en cause dans un sur cinq.

Une approche controversée

Éric Camous précise toutefois que la garde à vue reste une option valable lorsque les interpellés présentent un réel danger. Il décrit sa décision comme une rationalisation du processus judiciaire, affirmant que bon nombre des infractions ne justifient pas une détention prolongée.

Alors que les débats s'intensifient autour de cette mesure, des experts du droit et de la sécurité routière s'interrogent sur l’impact potentiel de cette politique sur la sécurité publique. Des voix s’élèvent pour réclamer que la prévention de la violence routière soit mieux intégrée dans les mesures judiciaires.

Source : BFMTV

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