Le tribunal de Bayonne a rendu son verdict le lundi 9 mars : trois ans de prison ferme pour une femme qui a été arrêtée au péage de Biarritz avec une cargaison illégale de 33 kg de kétamine, un médicament souvent détourné pour ses effets psychoactifs. Arrivant d'Amsterdam, son but était d'approvisionner le marché noir espagnol.
Dès son interpellation, elle a reconnu les faits. Cette ressortissante colombienne-espagnole, interpellée le 4 mars, a été décrite comme calme, maquillée et manucurée, donnant l'impression d'une personne d'apparence ordinaire. Ce sont les talents d'un chien de la brigade cynophile qui ont permis de découvrir la drogue cachée dans des trappes sous les sièges avant de son véhicule, une cargaison estimée à 660.000 euros.
Une quête d'argent rapide
Lors de son interrogatoire, la femme a immédiatement avoué son implication, révélant qu'elle avait effectué ce trajet entre Amsterdam et l'Espagne à plusieurs reprises depuis novembre, recevant 3.000 euros par voyage. Elle a précisé qu'une connaissance l'avait mise en contact avec le réseau de trafiquants.
Le mode opératoire était plutôt sophistiqué : après avoir pris un vol vers Amsterdam, elle chargeait la drogue dans une voiture pour descendre ensuite vers l'Espagne. Cette méthode, bien rodée, a fait l'objet d'une attention particulière lors du procès.
Impliquée au-delà du transport
Le tribunal n’a pas été là pour discuter de sa culpabilité, qu’elle a reconnue sans ambages. "C’était une manière d'avoir de l'argent rapidement. Je voulais faire venir mon père de Colombie et rembourser mes dettes", a-t-elle déclaré, soulignant ses motivations personnelles. Son avocate a fait valoir qu'elle ne minimisait pas son rôle, tandis que la Procureure a insisté sur le fait que son implication allait au-delà du simple transport de drogue. Dans les transcripts de ses conversations, elle a été identifiée comme agissant éventuellement comme intermédiaire pour d’autres substances. Cela a été un facteur clé dans le jugement demandé de trois ans de prison ferme.
La défense a tenté de communiquer la peur de la prévenue, mentionnant les possibles représailles des chefs de bande, mais cela n’a pas pesé dans la décision finale. Le tribunal a suivi les réquisitions du ministère public : trois ans de prison, une interdiction de territoire pour dix ans, ainsi qu’une amende correspondant à la valeur marchande de la drogue.
Avant d'être escortée par les forces de l'ordre, la femme a exprimé des regrets, déclarant : "C'est quelque chose que je n'aurais jamais dû faire. Je vais exécuter votre sentence", avant d'être emmenée, en larmes, à l’issue de l'audience.
Cette affaire soulève non seulement des questions sur le trafic de drogues, mais également sur les motivations personnelles et les réseaux criminels qui opèrent en Europe, une réalité amplifiée par les chiffres rapportés par des médias tels que Le Monde et France24.







