Les pays signataires du traité de non-prolifération nucléaire (TNP) n'ont pas réussi, une fois de plus, à s'accorder sur les priorités futures pour faire face à la menace d'une nouvelle course à l'armement atomique.
Après des semaines de discussions difficiles, le président de la 11e conférence d'examen du TNP, Do Hung Viet, a finalement décidé de ne pas soumettre le texte à l'adoption. Ce dernier, désormais considéré comme un échec, était déjà délesté de plusieurs éléments cruciaux par les partisans du désarmement. «J'ai présenté plusieurs versions du document final en tenant compte des préoccupations des États parties», a-t-il déclaré, exprimant sa «profonde déception». Il a ajouté avec ironie qu'il avait su «rendre tout le monde mécontent de façon égale».
«Tous partagent le rêve d'un monde où les armes nucléaires ne menacent pas nos enfants», a-t-il continué, tout en mettant en garde : «Si nous ne parvenons pas à nous entendre sur la direction à prendre, jamais nous n'atteindrons notre but».
Cependant, les cinq puissances nucléaires (États-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni, France) ont été accusées d'entraver le dialogue, rendant les discussions encore plus tendues. «La majorité des pays œuvrent de bonne foi pour le désarmement, mais quelques nations possédant l'arme atomique sont en train de créer un climat propice à la catastrophe», a dénoncé Seth Shelden, de la Campagne internationale pour l'abolition des armes nucléaires (ICAN), qui a reçu le prix Nobel de la paix.
Selon le rapport du Sipri, les neuf pays nucléaires possédaient en janvier 2025 plus de 12,241 ogives nucléaires, dont 90 % détenues par les États-Unis et la Russie. Les tensions géopolitiques croissantes ne font qu'accentuer les craintes de prolifération, alors même que le texte soumis était largement édulcoré.
Les modifications successives ont conduit à un texte déconnecté des réalités actuelles. Richard Gowan, de l'International Crisis Group, a déclaré à l'AFP que le dernier projet ne faisait même plus mention des menaces posées par l'Iran et la Corée du Nord. «Nous devons dire que l'Iran ne doit jamais développer d'arme nucléaire», affirmait-il, sans aborder les violations des obligations iraniennes. Ce dernier projet évitait également tout dialogue avec les États-Unis et la Russie concernant un nouvel accord sur les arsenaux nucléaires.
Le TNP, en vigueur depuis 1970 et largement signé, vise à empêcher la prolifération, favoriser le désarmement et encourager l'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire. C'est la troisième fois consécutive que la conférence d'examen échoue à adopter une déclaration, déjà bloquée par les tensions entre États-Unis et Russie.
Malgré ces revers, le TNP demeure, mais son efficacité et sa légitimité s'érodent de jour en jour, créant des doutes parmi les États non nucléaires quant à la pertinence de cette approche. Daryl Kimball, de l'Association du contrôle des armements, a appelé à un «leadership éclairé» pour redresser les fondations du TNP, désormais fragilisées par des comportements inadaptés et des échecs répétés.







