Le réalisateur iranien Jafar Panahi, lauréat de la Palme d’or 2025, a récemment pris position sur les manifestations qui secouent son pays. Il a qualifié cette agitation sociale de « révolte » visant à faire avancer l’histoire, après que le mécontentement populaire ait éclaté face à l’augmentation des coûts de la vie. Dans un message fort partagé sur Instagram, Panahi a déclaré que « la douleur commune s’est transformée en cri de ralliement pour le changement ».
Les manifestations ont commencé il y a quelques jours dans le grand marché de Téhéran, où des commerçants ont initié des appels à l’action contre l’hyperinflation qui frappe le quotidien des Iraniens. Ce mouvement a rapidement gagné du terrain, mobilisant des étudiants dans au moins une dizaine d’universités à travers le pays, selon les rapports d’agences de presse locales comme Irna et Ilna.
« Cette révolte témoigne d’une volonté collective de persévérer et d’avancer », a précisé Panahi, soulignant que « quand l’espoir s’épuise, la peur recule ». Son message est d’autant plus poignant, sachant qu’il a lui-même été condamné à un an de prison pour « propagande » contre le régime, après avoir déjà purgé deux peines d’incarcération pour son opposition à la direction iranienne.
Les tensions sont palpables alors que les autorités ont fermé écoles et banques dans la majorité des villes pour des raisons d'économie d'énergie et de sécurité, comme l’a rapporté l'agence Radio Farda. Dans un contexte de crise économique aggravée, le gouvernement ne peut ignorer cette vague de contestation. Cependant, des incidents de violence ont également été signalés, comme la destruction d'un édifice gouvernemental à Fasa, ainsi que des interpellations, selon les déclarations du chef du pouvoir judiciaire local.
Ce soulèvement, bien qu'encore limité, rappelle les manifestations massives de 2022 déclenchées par la mort tragique de Mahsa Amini, un événement qui avait fait éclater une indignation généralisée dans le pays. Les experts, comme l’analyste politique Le Monde, estiment que la situation actuelle pourrait s'intensifier si le régime ne répond pas aux attentes des citoyens en matière de réformes économiques et de libertés individuelles.







