Le Sénat, dominé par une majorité de droite, a apporté des modifications significatives à la proposition de loi concernant la fin de vie, initialement adoptée par l'Assemblée nationale en mai. Le texte, qui visait à établir un droit à l'aide à mourir, a été transformé en un cadre d'« assistance médicale à mourir ». Selon les nouvelles stipulations, cette assistance ne sera accessible qu'aux patients dont le pronostic vital est engagé à court terme.
Le rapporteur Alain Milon, du groupe Les Républicains, et Christine Bonfanti-Dossat, ont été à l'origine de ces changements, qui ont récemment été examinés par la commission des Affaires sociales du Sénat. Les discussions, qui se sont tenues à huis clos, ont suscité des tensions entre la droite, majoritairement favorable à la révision, et la gauche, qui soutient la rédaction originale de l'Assemblée.
La proposition actuelle stipule qu’un patient pourrait demander la délivrance d'une « substance létale » pour éviter souffrances et obstination thérapeutique. Cette reformulation se distingue de la version parlementaire précédente, élargissant l'accès à une assistance à ceux atteints d'« affections graves et incurables » même en phase avancée.
Les limites mises en place par le Sénat ont conduit certains experts à s'interroger sur l'efficacité réelle de cette nouvelle législation. La question de savoir si cet encadrement strict répond adéquatement aux enjeux éthiques et humanitaires continuera de susciter des débats. Des figures marquantes telles que Philippe Diese, éthicien, ont exprimé leurs préoccupations : « La souffrance doit être entendue et traitée d'une manière qui respecte la dignité des individus. »
Parallèlement, la proposition de loi sur les soins palliatifs a également subi des ajustements, le Sénat ayant abandonné la création d'un « droit opposable à l'accompagnement et aux soins palliatifs ». Selon les sénateurs, cette mesure risquait de créer des illusions sans pour autant augmenter l'offre de soins.
Les débats au Sénat, qui débuteront le 20 janvier, promettent d'être intenses, et il est prévisible que d'autres modifications soient apportées au texte initial. Dans un pays où le sujet de la fin de vie est de plus en plus discuté, chaque avancée législative est une pierre angulaire dans la construction d'une société plus empathique et attentive aux besoins des patients en fin de vie.







