Paris (France) (AFP) – Sébastien Lecornu a critiqué mardi Eric Ciotti, soulignant qu'il "importait" sa campagne municipale, en utilisant la tragédie d’une nonagénaire victime de viol à Nice, pour laquelle un Tunisien en situation irrégulière a été arrêté.
Dans une intervention lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le Premier ministre a accusé Ciotti de faire le "recel du malheur de cette famille", ce qui a suscité l'approbation des députés du bloc central et de La France Insoumise.
Cette altercation s'est produite lorsque le président de l'UDR, Eric Ciotti, interrogait le gouvernement sur sa présumée incapacité à expulser les délinquants en situation irrégulière. Face à ces accusations, Lecornu s'est demandé pourquoi Ciotti, qui appelle au renforcement des mesures de sécurité, "censurerait" le budget alloué aux ministères de l'Intérieur, de la Justice et des Armées, alors qu'il s'agit de priorités cruciales.
"Monsieur le président Ciotti, vous nous demandez d'agir, mais pourquoi êtes-vous contre le budget qui nous permettrait de le faire?", a-t-il déclaré, soulignant ainsi une contradiction dans le discours de l'opposition. Ce débat a été précédé par des menaces de motions de censure à l’égard du gouvernement, alimentées par le recours à l’article 49.3 pour le budget des dépenses publiques.
Les tensions se sont intensifiées lorsque Lecornu a qualifié d'"insupportable" la récupération d’une émotion tragique à des fins politiques, exhortant ses opposants à faire preuve de responsabilité et à abandonner "cette petite politique" qui entache le débat public.
Cette joute verbale s'inscrit dans un contexte plus large de tensions entre le gouvernement et le Rassemblement National, que Lecornu avait déjà ciblé lors de critiques antérieures sur des sujets fiscaux. La situation à Nice n'est pas qu'un simple incident isolé, mais plutôt le reflet d'un climat politique très polarisé où les enjeux de sécurité et de migration demeurent au cœur des préoccupations.
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