La tempête souffle toujours sur le Washington Post. Quelques jours après l'annonce d'un vaste plan de licenciements touchant près de 300 journalistes sur les 800 employés, le directeur général Will Lewis a également décidé de quitter ses fonctions. Nommé il y a deux ans pour redresser ce pilier du journalisme, sa démission soulève des interrogations concernant l'avenir du quotidien historique, détenu par Jeff Bezos.
Dans un message adressé à l'ensemble du personnel et partagé sur les réseaux sociaux, Lewis a déclaré que c'était le bon moment pour lui de se retirer après deux années de transformation. « Après deux années de transformation du Washington Post, c'est le bon moment pour moi de me retirer », a-t-il écrit. Jeff D’Onofrio, ancien directeur financier, a été rapidement nommé pour prendre sa place.
Depuis plusieurs années, le Washington Post, rendu célèbre par son rôle dans le scandale du Watergate, fait face à une crise de confiance et à une perte substantielle d'abonnés. L’annonce récente des licenciements a créé une onde de choc au sein de l’organisation, exacerbée par le climat politique tendu, notamment en lien avec la relation entre Jeff Bezos et Donald Trump, reconnu pour ses attaques contre la presse.
Des services réduits, un impact significatif
Au cours du mandat de Trump, le journal avait connu un certain succès grâce à ses reportages incisifs. Cependant, avec le départ de Trump de la Maison Blanche, l'intérêt des lecteurs semble s'être érodé et les affaires du journal se sont détériorées. « Sous ma direction, des décisions difficiles ont été prises pour assurer un avenir durable au Post », a commenté Lewis, évoquant la nécessité de maintenir une information de qualité pour un public large.
Le Washington Post aurait du mal à équilibrer ses finances, ayant perdu un nombre conséquent d'abonnés en refusant de prendre position politique au cours de la dernière présidentielle, controversée et marquée par des accusations de partialité.
Les coupes récentes affectent gravement plusieurs départements, notamment les correspondants à l'étranger. Des sections comme celles des sports, des livres, et même des pages locales sont en danger de disparition. Cette situation soulève des questions sur l'avenir du quotidien et sur sa capacité à maintenir ses standards d'excellence journalistique dans un environnement aussi volatile.







