En réponse à une proposition de loi visant à lutter de manière intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, le Conseil économique, social et environnemental (Cese) a exprimé jeudi son soutien. Le texte, qu'il considère comme une avancée majeure, nécessite toutefois des moyens humains et financiers adéquats.
Dans son analyse, sollicitée par la présidente de l'Assemblée nationale, le Cese met en avant le contexte de forte mobilisation citoyenne, avec plus de 343 000 signatures d'une pétition exigeant l'adoption d'une loi-cadre. Cette loi arrive à un moment critique, suite aux événements tragiques entourant l'affaire de Lyhanna, une collégienne de 11 ans victime de violence.
Un appel à renforcer la prévention
« Nous saluons cette proposition de loi, mais il est dommage que la prévention des violences et la détection des situations à risque soient des points trop souvent négligés », a déclaré Pierre-Alain Sarthou, président de la délégation aux droits des enfants au Cese.
Le Cese souligne l'importance d'intégrer la prévention dans une approche globale. Cela implique l'identification précoce de situations à risque, un suivi socio-judiciaire des auteurs et la formation des professionnels intervenant dans les domaines de la santé, de l'éducation, de la justice et des forces de l'ordre. Manon Rousselot-Pailley, présidente de la délégation aux droits des femmes, a insisté sur le fait que « sans moyens, nous manquons une occasion cruciale ».
Le Cese rappelle également que 160 000 mineurs sont victimes de violences sexuelles chaque année en France. Cela soulève la nécessité de créer un ministère dédié à l’enfance, afin de centraliser les efforts plutôt que de les éparpiller entre diverses institutions telles que l'Éducation nationale et le ministère de la Santé, a précisé Pierre-Alain Sarthou.







