En tant que trésorier du FN de 2009 à 2021, Wallerand de Saint-Just s'est retrouvé devant la cour d'appel de Paris, tentant de défendre son intégrité face à des accusations de détournement de fonds du Parlement européen destinés à alléger les charges du parti. Le 28 janvier, alors qu'il se présentait sobrement en costume et cravate, il a souligné qu'il avait pris ses fonctions bénévolement uniquement pour maintenir le FN à flot, surtout après ses résultats décevants aux élections de 2007.
Une gestion contestée des finances du parti
Wallerand de Saint-Just a exposé lors de son témoignage un tableau complexe des employés, dont certains étaient en réalité rattachés au Parlement européen. "C'était pour comprendre qui faisait quoi au sein du parti", s'est-il justifié. Cependant, cette justification a suscité des interrogations de la part de la présidente de la cour, Michèle Agi, qui a relevé des mentions inattendues de salaires "payés autrement".
Les juges se rappellent bien des déclarations de la première instance, où il avait été établi que Saint-Just semblait pleinement conscient des "transferts de charges" entre le FN et le Parlement européen. Cette première décision avait abouti à sa condamnation à trois ans de prison, dont deux avec sursis.
Au cœur de ce procès, il est reproché à l'ancien trésorier et à d'autres dirigeants du parti d'avoir utilisé de l'argent du Parlement européen pour payer des employés du FN entre 2004 et 2016, dans une période où le parti connaissait de sérieux problèmes financiers.
Des défis à l'intérieur du parti
Au fur et à mesure que le procès avançait, Wallerand de Saint-Just s'est trouvé confronté à des cas individuels, mettant en lumière des irrégularités dans les contrats d'assistants parlementaires. Parmi eux, la situation de Charles Hourcade, un graphiste temporairement engagé comme assistant parlementaire, a créé des tensions dans son témoignage. "Je ne peux pas imaginer que Marie-Christine Boutonnet ne va pas lui donner du travail", a-t-il déclaré, ajoutant une touche de vulnérabilité à son argumentation.
"Il n'y avait pas d'intention criminelle, mais des erreurs administratives ont pu avoir lieu," a insisté Wallerand de Saint-Just.
En réponse, la présidente l'a rétorqué que la nature des rôles était fondamentalement différente entre un assistant parlementaire et un graphiste, soulignant les zones d'ombre qui subsistent. Un courriel échangé avec l'eurodéputé Jean-Luc Schaffhauser et soulevant des préoccupations concernant le risque d'emplois fictifs a renforcé l'accusation contre l'ancien trésorier.
"C'est incroyable de penser que Marine Le Pen pourrait ignorer ces erreurs," a-t-il ajouté, sous le regard critique des juges, soulignant le paradoxe de sa défense. L'audition de trois heures a mis à jour les tensions au sein du RN et la complexité du dossier.
Ce procès revêt une importance particulière pour l'avenir politique de Marine Le Pen, qui cherche à préserver sa candidature pour les élections présidentielles de 2027. À la reprise des débats, la cour se penchera sur le profil des prévenus avant d'écouter les réquisitions tant attendues du parquet général.







