Pour la première fois, l'extrême droite a réussi à conquérir un siège de député dans la 3e circonscription de Haute-Savoie avec l'élection d'Antoine Valentin, représentant du parti UDR d'Éric Ciotti, alliance affichée avec le Rassemblement National (RN). Âgé de 33 ans, il a devancé son concurrent des Républicains, Christophe Fournier, avec 17 341 voix, soit plus de 59 % des suffrages.
Cette élection a été marquée par une participation alarmante, atteignant seulement 34,1 %. Près de deux électeurs sur trois ont choisi de rester chez eux, soulignant ainsi le manque d'engouement pour ce scrutin. L'appel au front républicain n'a pas eu l'impact escompté, indiquant une désaffection croissante des électeurs envers les partis traditionnels.
Eric Ciotti, félicitant Antoine Valentin sur X, a déclaré : "Félicitations Antoine, un élu enraciné et un immense talent ! Chaque jour, l'UDR remplace LR partout en France." De son côté, le président du RN, Jordan Bardella, a salué une "incroyable victoire", tandis que Marine Le Pen a critiqué les Républicains, les accusant de perdre leur crédibilité en soutenant les politiques d'Emmanuel Macron.
Test avant les municipales ?
Avec les élections municipales qui approchent, ce scrutin a valeur de test pour la dynamique politique française. Les tensions entre les Républicains, divisés sur une alliance avec le RN, et l'UDR d'Éric Ciotti, montrent un profond changement sur la scène politique. La circonscription, historiquement ancrée à droite, était le terrain de jeu d'une ancienne députée LR qui avait jeté l’éponge face à la saga politique actuelle.
Antoine Valentin, également maire de Saint-Jeoire et cofondateur de l'institut Politicae, se présente comme un représentant de la droite traditionnelle. Néanmoins, sa victoire est souvent vue comme étant renforcée par le soutien du milliardaire ultraconservateur Pierre-Édouard Stérin, qui finance des initiatives en faveur des valeurs de droite dans le cadre de son projet Périclès.
Une circonscription symbolique
Cette victoire a un goût de revanche pour le nouvel élu, qui avait enregistré une défaite lors des élections précédentes. Le plateau des Glières, haut lieu de la résistance, ajoute une dimension symbolique à cette élection. De nombreux critiques, incluant des figures politiques de gauche, ont exprimé leur désapprobation face à l'influence croissante de l'extrême droite dans cette région. "Nous ne laisserons pas Monsieur Stérin et ses acolytes faire de cette circonscription un laboratoire de l'extrême droite", a déclaré l'eurodéputé Raphaël Glucksmann avant le vote.







