Le maire de Marseille, Benoît Payan, arrivé en tête du premier tour des élections municipales, appelle à un rassemblement face à la menace croissante du Rassemblement national (RN). Lors d'un discours prononcé dimanche soir, il a souligné la nécessité d'unir les forces autour de sa liste, le Printemps marseillais, pour faire front contre ce qu'il qualifie de "vague brune" menaçant la ville.
"Jamais le Rassemblement national n'aura été aussi près de la victoire à Marseille. Je demande aux Marseillaises et aux Marseillais de se rassembler autour du Printemps marseillais pour montrer notre résistance face à cette menace".
Dans cette optique, Payan a clairement rejeté toute collaboration avec Sébastien Delogu, candidat de La France Insoumise (LFI), qui avait évoqué un "front antifasciste". "Je ne ferai aucune négociation en coulisses et je ne suis pas intéressé par une tambouille politique", a-t-il affirmé, réitérant que le combat contre le RN ne peut se monnayer.
Ce refus d'alliance prend une tournure d'autant plus significative que Delogu a obtenu près de 12,4 % des voix au premier tour, selon les dernières estimations Ipsos BVA. Payan a ajouté avec conviction : "Cette main tendue m'a donné des coups de poing pendant des mois. Pourquoi la considérer comme amicale maintenant ? Ce n'est pas ma vision de la politique".
Une montée inquiétante du RN
Payan a insisté sur la gravité de la situation, qualifiant une éventuelle victoire du RN à Marseille de "séisme pour la France". Il a lancé un appel aux électeurs, en particulier aux abstentionnistes, pour qu'ils se mobilisent lors du prochain vote : "L'Histoire de notre ville se joue dès cette semaine. Nous devons voter en masse et refuser de permettre au RN de transformer Marseille en tremplin pour l'élection présidentielle".
En réponse, Sébastien Delogu a dénoncé la "position irresponsable" de Payan, l’avertissant que son refus d'alliance pourrait conduire à une victoire du RN. "Nous devons rassembler nos forces pour créer un véritable front antifasciste", a-t-il martelé sur les réseaux sociaux.
Les enjeux sont donc cruciaux pour cette élection municipale 2026, alors que Marseille se prépare à un scrutin qui pourrait redéfinir son paysage politique pour les années à venir.







