Le candidat de La France insoumise, Sébastien Delogu, qui a été distancé lors du premier tour des municipales à Marseille, a exprimé ce dimanche son mécontentement envers le maire sortant, Benoît Payan. Ce dernier a décliné l'offre de collaboration de Delogu afin de former un front commun contre le Rassemblement national, qu'il qualifie de "position irresponsable".
Dans un message posté sur le réseau social X, Delogu a déclaré : "C'est une position irresponsable qui pourrait donner les clés de Marseille au Rassemblement national. Nous appelons le peuple de Marseille à se mobiliser massivement pour créer les conditions d'un front antifasciste". Cette réaction intervient alors que Payan est en tête des sondages, devant son rival du RN, Franck Allisio. Malgré cela, Payan a réaffirmé qu'il n'envisageait aucune alliance, arguant qu'il "n'est pas question de faire la moindre tambouille avec qui que ce soit".
Pour le second tour, les estimations de plusieurs instituts de sondage montrent que Payan et Allisio se disputent la première place avec des scores variant de 33,5% à 38%. Sébastien Delogu, de son côté, obtient environ 12% des voix, ce qui le place dans une position délicate. La candidate de la droite, Martine Vassal, semble également en lice pour le second tour.
Plus tôt dans la soirée, Delogu avait proposé à Payan d’entamer des discussions pour un "front antifasciste" et une "fusion technique". Cette offre a reçu une fin de non-recevoir de la part du maire sortant, qui souhaite maintenir une distance entre LFI et son propre mouvement. La tension entre les différents camps se renforce à l'approche des élections, chacun s’efforçant de rallier le plus de soutien possible.
Cette situation préoccupe également des experts politiques. Selon Jean-Pierre Elbaz, politologue à l'Université de Marseille, "L'absence d'alliance entre les partis de gauche pourrait favoriser l'émergence du Rassemblement national, surtout dans un contexte politique tendu". Avec des enjeux aussi cruciaux en jeu, le dialogue semble plus nécessaire que jamais pour éviter une fracture au sein du paysage politique marseillais.







