La poussière s’est enfin dissipée après un face-à-face tendu à Nice, dans les Alpes-Maritimes. Au terme d’une campagne marquée par des tensions, Éric Ciotti, député UDR soutenu par le Rassemblement National, a remporté les élections avec 48,54 % des voix, surpassant le maire sortant Christian Estrosi (37,20 %) et Juliette Chesnel-Le Roux du PS-PCF-écologistes (14,26 %).
Fort de ce succès, Éric Ciotti prend les rênes de Nice et son agglomération, capitalisant sur les bons résultats de ses alliés à Cagnes-sur-Mer et à Menton. Christian Estrosi, quant à lui, a annoncé qu'il mettait un terme à sa carrière politique locale, affirmant avoir "tout donné".
Baisse de la taxe foncière et renforcement de la sécurité
Éric Ciotti a placé celle-ci au cœur de son projet : une gestion "rigoureuse et responsable" des finances municipales, dénonçant les "dérives" passées. Il s'est engagé à réduire la taxe foncière de 20 %, une promesse qui pourrait se concrétiser dès avril grâce à un budget rectificatif, selon Ici Azur. Ciotti a également déclaré : "La voiture ne sera plus notre ennemie", allant jusqu’à proposer des stationnements supplémentaires et un forfait de deux heures gratuit.
La sécurité est également en tête de ses priorités, avec un projet de "doublement des effectifs de la police municipale sur le terrain", la création d’un centre éducatif fermé pour mineurs délinquants et l’établissement d’une Cour d’Appel à Nice. "Un maire doit exiger ces compétences, les soutenir et ne pas les entraver comme cela a été fait précédemment", a-t-il précisé durant sa campagne.
Une vision pour Nice : "la ville n'appartient à personne"
Habitué à un discours énergique à l’Assemblée, critiquant "l’idéologie wokiste" et "l’islamogauchisme", Ciotti a néanmoins choisi de ne pas aborder les grands enjeux nationaux pendant cette campagne. Ses soutiens incluent des membres du Rassemblement National, souvent discrets, ainsi qu'un ralliement inattendu de Jean-Marc Governatori, leader écologiste, passé de l’autre côté.
Ciotti a promis des places en crèche, des écoles climatisées et la rénovation de l’Opéra, affirmant qu’il était temps de redonner un "nouvel élan" à Nice, une ville parfois réduite à un lieu touristique. En effet, plus d'un habitant sur cinq vit sous le seuil de pauvreté. "J’ai senti un besoin de changement face à un système verrouillé depuis trop longtemps", a-t-il déclaré après sa victoire. "Nice n’appartient à personne, ni à un clan, ni à un système".







