Masrour Makaremi, un Bergeracois d'origine iranienne, est à l'avant-garde de la culture du vin perse depuis 2018. Ce projet ambitieux a récemment franchi une nouvelle étape, avec le soutien de l’Institut français de la vigne et du vin. Après plus de cinquante ans de conservation dans le Domaine de Vassal, une trentaine de cépages perses, prélevés lors de missions scientifiques en Iran, ont été replantés sur ses terres à Prigonrieux.
Les cépages, soigneusement préservés, ont pour but de raviver l’héritage viticole séculaire, anéanti aujourd'hui par le régime iranien. "C'est un combat civilisationnel", décrit Makaremi, qui produit un vin nommé Cyrhus, élaboré dans des amphores à la manière antique. Sa production limitée à 5 000 bouteilles par an est réalisée en partenariat avec les vignobles Dubard.

Une démarche porteuse de sens
Ce projet ne se limite pas aux simples considérations commerciales ; il vise également à restaurer un patrimoine ampélographique menacé. Selon Olivier Yobregat, agronome à l’Institut français de la vigne et du vin, "cela a une valeur historique". Alors que les cépages de cuve ont presque disparu en Iran, la replantation dans le Sud-Ouest représente un symbole fort de résistance.
Après un an de préparation minutieuse, incluant greffage et tests de viroses, les cépages ont trouvé leur nouveau foyer sur un sol propice, jugé idéal pour leur croissance. "Il faut environ trois ans pour établir une souche", explique Yobregat, tout en ajoutant que de futures micro-cuvées permettront d’enrichir les connaissances sur ce patrimoine à redécouvrir.

Un avenir prometteur
Ce projet, qui unit la viticulture française et l'héritage perse, incarne un cercle vertueux. Makaremi est convaincu que, malgré les tumultes actuels en Iran, les cépages historiques pourront un jour être replantés. “C’est un travail de fond pour maintenir la culture perse”, conclut-il. Avec cette initiative unique, le Bergeracois espère voir un jour des raisins historiques refleurir sur les terres de son enfance.







