Rabah Souchi, le commissaire de police qui avait ordonné une charge lors d'une manifestation des gilets jaunes à Nice en 2019, a été condamné ce lundi à six mois de prison avec sursis, une peine identique à celle de la première instance. Aujourd'hui directeur adjoint de la police municipale de Nice, il a été reconnu coupable de « complicité de violences par personne dépositaire de l’autorité publique ».
La victime, Geneviève Legay, âgée de 73 ans au moment des faits, avait été percutée et tombée au sol lors de l'intervention policière. Suite à cet incident, elle avait subi plusieurs fractures, notamment au crâne, et avait perdu une partie de son odorat et de son audition. Les images de la charge, devenue emblématique, avaient suscité une profonde indignation au sein de l'opinion publique.
Une charge jugée illégale
Lors de l'audience en appel à Lyon, l'avocate générale avait souligné que l'ordre donné était non seulement illégal mais inapproprié, particulièrement vis-à-vis d’un groupe comprenant des personnes âgées et des journalistes. La peine de six mois de prison avec sursis a finalement été retenue par la cour.
Dans sa défense, Rabah Souchi a exprimé sa « compassion » pour Geneviève Legay, tout en se dérobant à la responsabilité du comportement des policiers sur le terrain. Son avocat a plaidé qu'il n'était qu'un « bouc émissaire » dans une affaire largement médiatisée.
Une décision controversée
Un aspect clé de la décision de la cour d'appel a été que la condamnation n'entraînera pas d'inscription au casier judiciaire, ce qui permet à Souchi de conserver son poste. Un rassemblement s'est tenu ce soir-là devant le palais de justice à Nice, où Geneviève Legay, désormais âgée de 80 ans, exprimait son indignation face à une peine jugée trop clémente. Avec son avocate, Me Mireille Damiano, elle a déclaré : « C’est lamentable que les citoyens soient lourdement sanctionnés pour des faits mineurs pendant que celui-ci écope d'une note à mille lieues de la gravité des blessures infligées. »
Le 23 mars 2019, Geneviève Legay participait à une manifestation des gilets jaunes malgré un arrêté préfectoral interdisant le rassemblement, annulé par la justice par la suite. En tant que porte-parole d'Attac, elle brandissait un drapeau arc-en-ciel au moment de l'incident. Les images de cette femme aux cheveux argentés, au sol, avaient fait le tour des médias et des réseaux sociaux, attirant l'attention du président Emmanuel Macron, qui lui avait conseillé d'adopter un comportement plus « responsable ».







