La métropole Nice Côte d’Azur a récemment inauguré un dispositif novateur pour aider les jeunes à choisir leur voie professionnelle. Ce programme combine des éléments ludiques comme des jeux vidéo, une évaluation avec un psychologue du travail et une immersion totale en réalité virtuelle.
Impossible de déloger Jonathan, âgé de 14 ans, de son casque VR. « Oh ! Ils préparent un bœuf bourguignon ! Regarde comme ce steak est trop cuit », s'exclame-t-il, captivé par les réalités du métier de cuisinier. Avec ses camarades de 3e « prépa métiers » au Lycée Les Palmiers, il fait partie des 200 jeunes qui ont expérimenté cette méthode d'orientation audacieuse mise en place par la métropole.
Des jeux vidéo aux tests cognitifs
Le dispositif, intitulé « Le centre des possibles », se déploie dans un local flambant neuf, arbore des néons flashy et un espace gaming à l'ouest de Nice. À travers une série d'ateliers interactifs, il vise à éclairer les adolescents sur leurs options professionnelles. Explorez les défis que rencontrent des milliers de lycéens en ce moment, tentant de choisir leur orientation sur la plateforme Parcoursup sans grande inspiration.
Dans ce centre, les jeunes commencent par remplir des questionnaires sur leur personnalité et leurs intérêts professionnels. Ils se voient ensuite plongés dans une série de tests cognitifs développés par une entreprise américaine, présentés sous forme de jeux vidéo dynamiques. Un exercice d'agilité invite les participants à déplacer une cuillère le plus rapidement possible sans toucher un fil métallique, une épreuve qui s'avère aussi amusante que difficile. Les résultats sont rapidement analysés par un algorithme, permettant ainsi de créer un dossier individualisé alignant compétences et métiers par niveau de formation.
« Ce document est ensuite discuté lors d'un entretien confidentiel avec un psychologue du travail. L'ambiance n'est pas scolaire. Il n'existe pas de bonnes ou de mauvaises réponses et les jeunes ne sont pas notés », souligne Camille Torrenti, responsable du centre. Les participants terminent leur parcours par une exploration de plus de 300 métiers grâce à des casques de réalité virtuelle, découvrant des professions aussi diverses qu'ingénieur, chirurgien ou préparateur en parfumerie.
Un projet élaboré par des chercheurs locaux
Ce modèle d'orientation, bien que singulier, repose sur des bases solides. Les parcours et tests ont été élaborés pendant deux ans par des chercheurs de l’Université Côte d’Azur. Doté d’un budget de 350 000 euros, ce projet est accompagné d'une étude de suivi et est appelé à évoluer, promet Dirk Steiner, professeur de psychologie du travail et co-concepteur de l'initiative avec un post-doctorant.
Initialement conçu pour aider les élèves en situation de décrochage scolaire, ce service gratuit se destine désormais à un public plus large de 16 à 25 ans. Mais cette méthode saura-t-elle convaincre tout le monde ? Noah, 14 ans, ressent déjà des réticences face à l’idée de devenir électricien ou plombier, malgré les résultats encourageants de son rapport. « Non, ça ne me dit rien », rétorque-t-il avec un sourire en coin. Dans cette optique, l’initiative vise à stimuler la curiosité des jeunes, laissant entrevoir un champ des possibles étendu. Francesca, de son côté, a découvert qu’elle pourrait envisager de devenir opératrice d’appels d’urgence : « Je ne connaissais pas ça, mais ça m'intéresse, pourquoi pas après tout ? »







